En visite à N’Djamena dans le cadre du « Campus du Renouveau Politique », Charles Blé Goudé, président du COJEP, a plaidé pour une réappropriation des enjeux de gouvernance par les États africains. L'ancien leader ivoirien soutient que le renforcement des mécanismes nationaux de protection des droits de l'Homme constitue le levier principal pour garantir la souveraineté du continent et limiter l'ingérence des juridictions internationales.
Une réflexion nourrie par l'expérience judiciaire
Fort de son parcours devant la Cour pénale internationale, Charles Blé Goudé a souligné la nécessité pour les nations africaines de prévenir les crises internes qui mènent inévitablement à des poursuites extérieures. Lors d'une audience accordée par la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) du Tchad, il a rappelé que la présence de nombreux ressortissants africains dans les procédures internationales, qu'ils soient du Mali, de la RDC, de l'Ouganda, de la Centrafrique ou de Côte d'Ivoire, doit servir de leçon pour repenser la gestion des conflits et des libertés publiques sur le continent.
L'estime de soi comme moteur de la gouvernance
Au-delà des aspects juridiques, l'ancien ministre ivoirien a insisté sur une dimension psychologique et politique : le dépassement du complexe d'infériorité. Selon lui, le manque d'estime de soi entrave la capacité des États à valoriser leurs propres institutions. Il estime que la souveraineté ne sera effective que lorsque les dirigeants africains seront capables de garantir, par eux-mêmes, le respect des droits fondamentaux de leurs citoyens, rendant ainsi caduque toute volonté extérieure d'imposer des décisions ou des sanctions.
Dialogue sur les dynamiques démocratiques
La rencontre, organisée à l'initiative d'Alladoum Djarma Baltazar, président national de l'ASTRE, a permis d'élargir les échanges aux piliers de la stabilité politique en Afrique. Les discussions ont porté sur les enjeux de citoyenneté, de paix et de démocratie. Pour Blé Goudé, la promotion active des droits de l'Homme par les institutions nationales est la condition sine qua non pour stabiliser les dynamiques politiques africaines et assurer une gestion endogène des crises, marquant ainsi une étape vers une autonomie politique réelle.