Charif Al-Idrissi : le géographe qui a redéfini la carte du monde au XIIe siècle

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 17 lectures
Charif Al-Idrissi : le géographe qui a redéfini la carte du monde au XIIe siècle

Charif Al-Idrissi, né à Sebta vers 1100, a consacré sa vie à la collecte de témoignages de voyageurs et à l’étude des connaissances antiques afin de produire une représentation du monde fondée sur l’observation directe.

Une méthode basée sur la documentation et les récits de voyageurs

Après avoir parcouru l’Égypte, le Hejaz, la France, l’Angleterre et l’Asie mineure, Al-Idrissi s’installe à Cordoue puis, suivant l’invitation du roi Roger II de Sicile, il s’établit à Palerme en 1139. Là, il interroge les marchands, les pèlerins et les explorateurs de passage pour confronter leurs descriptions des itinéraires, des cités, des pratiques agricoles et des techniques d’irrigation. Cette approche lui permet d’éliminer les contradictions et d’enrichir ses cartes avec des données provenant de sources variées, allant des manuscrits indiens aux traités grecs et perses.

La Tabula Rogeriana : un découpage innovant en soixante-dix sections

Après quinze ans de collecte d’informations et trois ans de rédaction, Al-Idrissi présente en 1154 la Tabula Rogeriana, également appelée Le livre de Roger. L’ouvrage se présente sous la forme d’un texte encyclopédique illustré de cartes, où chaque carte correspond à l’une des soixante-dix sections du monde qu’il définit. Cette subdivision, inédite à l’époque, repose sur l’utilisation de pigments minéraux alliant rigueur scientifique et esthétique. Parmi les représentations figurent le phare d’Alexandrie, les monastères du Sinaï et de Lalân, la porte de Gog et Magog ainsi que la muraille de Boukhara.

Influence sur la connaissance géographique du monde médiéval

Al-Idrissi adopte le concept des sept climats hérité de la géographie bagdadienne, mais il en affine le découpage en attribuant à chaque climat dix sections, créant ainsi un quadrillage qui sera repris par ses successeurs. Ses descriptions couvrent l’Angleterre du milieu du XIIe siècle, l’Inde avec son système de sept castes, la Chine réputée pour son savoir‑faire technique, ainsi que les régions sahariennes et subsahariennes d’Afrique, où il souligne la gestion de la vie quotidienne le long du Nil et les productions agricoles des populations amazighes d’Afrique du Nord. Selon l’historienne Emmanuelle Tixier Du Mesnil, cette œuvre constitue une écriture neutre capable de rendre compte de tous les espaces de façon uniforme, malgré le contexte politique tumultueux des dynasties arabes et musulmanes de l’époque.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.