Lors d’une conférence de l’Ajis, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a réaffirmé la nécessité d’indexer les pensions complémentaires sur l’inflation, tout en restant prudente sur la revalorisation du régime de base, dont la situation financière est nettement plus fragile.
Des réserves confortables pour l’Agirc‑Arrco
L’Agirc‑Arrco, régime de retraite complémentaire du secteur privé, disposait en 2025 d’un excédent de 1,4 milliard d’euros et de réserves cumulées s’élevant à 91,2 milliards. Ces fonds, selon la CFDT, offrent largement la capacité de réajuster les pensions à la hausse, même après le gel imposé l’an dernier faute d’accord entre partenaires sociaux.
Le mécanisme d’indexation actuel et le gel de 2023
L’accord national interprofessionnel (ANI) du 5 octobre 2023 prévoit que les pensions complémentaires suivent l’évolution des prix à la consommation hors tabac, mesurée par l’Insee, diminuée de 0,4 point. En l’absence d’accord entre syndicats et patronat, le conseil d’administration peut soit appliquer la règle « socle » (inflation – 0,4 point), soit la réduire davantage. En 2023, le partage des voix a conduit à un gel complet, ce que la CFDT juge inacceptable : « à chaque fois qu’il n’y a pas d’accord, ce sera 0 », a rappelé Léon.
Une possible différenciation entre les deux régimes
Face à un déficit de 6,6 milliards d’euros du système de retraite global en 2025, la Cour des comptes anticipe un déséquilibre croissant : 2,4 % du PIB de déficit en 2070 contre 1,4 % auparavant, tandis que le déficit à moyen terme (2030‑2045) reste stable autour de 0,2‑0,9 % du PIB. Le régime de base, moins bien capitalisé, ne bénéficie donc pas des mêmes marges de manœuvre que l’Agirc‑Arrco. La CFDT n’exclut pas une sous‑indexation du régime de base, mais souligne que le public doit être informé de cette dualité financière.
Renégociation de l’ANI pour 2027‑2030
L’ANI actuel arrivant à échéance, les partenaires sociaux devront redéfinir les règles du jeu dès l’an prochain pour la période 2027‑2030. La CFDT propose d’inscrire dans le texte une clause d’indexation automatique sur l’inflation, avec une légère décote en cas d’absence de consensus au moment de fixer le taux de revalorisation chaque 1er novembre. Cette réforme viserait à éviter de nouveaux gels et à garantir une meilleure lisibilité pour les assurés, tout en laissant la porte ouverte à des ajustements différenciés entre le régime de base et le complémentaire.