Centrafrique : l’effondrement meurtrier d’une mine d’or artisanale révèle les risques d’un secteur non régulé

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 29 lectures
Centrafrique : l’effondrement meurtrier d’une mine d’or artisanale révèle les risques d’un secteur non régulé

Un glissement de terrain dans une mine d’or artisanale de la préfecture de Nana-Mambéré a causé la mort d’au moins 49 personnes, dont 34 Centrafricains, 13 Camerounais et deux Tchadiens. Les opérations de secours, entravées par des moyens limités, soulignent les dangers d’un secteur minier non régulé.

Un effondrement filmé en direct, des victimes aux nationalités multiples

Le 18 août, le sol s’est soudainement effondré dans la mine de Zamboye, près de Baboua, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière camerounaise. Freddy Metchoubatchou, présent sur place, a capté l’instant tragique où des galeries souterraines se sont effondrées, engloutissant les travailleurs. Les secours, toujours en quête de victimes trois jours plus tard, n’ont pu établir le nombre exact de personnes présentes sous terre au moment du drame.

Le bilan officiel provisoire, annoncé par le ministère des Mines, fait état de 49 morts, dont une majorité de Centrafricains. Les nationalités des victimes reflètent l’attrait économique de cette zone frontalière, où des mineurs camerounais et tchadiens viennent chercher un revenu dans un secteur souvent informel.

Des moyens de secours dérisoires face à l’ampleur de la catastrophe

Les opérations de recherche et de récupération ont été ralenties par un manque criant de matériel et d’expertise. Les autorités locales, épaulées par des volontaires de la Croix-Rouge et des représentants du secteur minier, ont tenté de localiser les disparus, mais les conditions précaires du site ont compliqué les interventions. Sept blessés ont été évacués vers l’hôpital de Baboua, sans que leur état ne soit précisé.

Ce drame rappelle celui survenu en juin dans une mine voisine, également près de la frontière camerounaise, où un effondrement avait déjà fait des victimes. Ces catastrophes successives mettent en lumière l’absence de structures de sécurité adaptées dans un secteur où des milliers de personnes dépendent de l’exploitation artisanale pour survivre.

Une enquête judiciaire et la fermeture temporaire de la mine

Les autorités ont ordonné la fermeture provisoire de la mine de Zamboye et lancé une enquête pour déterminer les causes exactes de l’effondrement. Les investigations se concentrent sur d’éventuelles violations de la réglementation minière, notamment l’exploitation illégale et le travail dissimulé. Ces pratiques, courantes dans le secteur artisanal centrafricain, aggravent les risques pour les mineurs, souvent contraints d’opérer sans équipement de protection ni soutien technique.

L’exploitation minière artisanale représente une manne économique pour des communautés locales, mais son manque de régulation en fait un secteur à haut risque. Ce drame interroge sur la nécessité de renforcer les contrôles et d’investir dans des infrastructures sûres pour éviter de nouvelles tragédies.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.