Le gouvernement centrafricain a relevé de 150 FCFA le prix des produits pétroliers le 1er octobre, invoquant la crise mondiale du carburant et des difficultés de trésorerie. En réaction, un consortium d’organisations de la société civile a lancé un appel à une journée ville morte à Bangui le 12 octobre pour protester contre cette mesure. Le débat oppose les militants qui soutiennent l’action à un syndicat de moto‑taxis qui privilégie le dialogue avec les autorités.
Hausse du carburant : contexte et justification gouvernementale
Le 1er octobre, le gouvernement de la République centrafricaine a annoncé une augmentation de 150 FCFA du prix des produits pétroliers, tant pour l’essence que pour le diesel. Les autorités ont expliqué que la décision était dictée par la flambée des cours internationaux du pétrole et par la faiblesse des liquidités de l’État, qui peinait à assurer les subventions habituelles. Cette mesure vise à réduire le déficit budgétaire, mais elle pèse immédiatement sur les ménages et les acteurs du transport urbain.
Société civile : appel à la journée ville morte
Porté par la plateforme I Gwé et l’Organisation des Groupes de Défense Civique (OGDC), un consortium d’organisations de la société civile a appelé les Banguiens à observer une journée ville morte le lundi 12 octobre. L’objectif est de paralyser les activités économiques de la capitale afin de contraindre le pouvoir à revoir le nouveau tarif. Des usagers comme Éric Pavel, conducteur de moto‑taxi, ont exprimé leur soutien, déclarant qu’ils ne peuvent plus se permettre de remplir leurs réservoirs à ce prix et que leurs revenus sont déjà à la limite du seuil de survie.
Syndicat des moto‑taxis : refus du boycott et proposition de dialogue
Le syndicat représentant environ 50 000 conducteurs de moto‑taxis, dirigé par son président Marcel Nzapayembi, a rejeté l’appel à la journée ville morte. Selon lui, un arrêt complet du service mettrait en danger la subsistance des familles et ne constitue pas une solution viable. Le syndicat propose plutôt d’engager des négociations avec le gouvernement pour obtenir une réduction du prix du carburant ou des mesures d’allègement fiscal. Nzapayembi a souligné que les conducteurs continuent de travailler à perte, mais qu’ils restent prêts à dialoguer pour trouver un compromis.
Réaction officielle du gouvernement
Face aux appels à la mobilisation, les autorités ont rappelé aux citoyens de poursuivre leurs activités quotidiennes. Le porte‑parole du gouvernement a indiqué que la hausse était inévitable compte tenu de la conjoncture internationale et a invité la population à faire preuve de résilience. Aucun communiqué officiel n’a encore annoncé de révision du tarif, laissant la tension entre les différents acteurs persister.