Catherine Ringer, figure emblématique du rock français et co‑fondatrice des Rita Mitsouko, est décédée le 14 septembre 2026. La journaliste Valérie Lehoux, qui l’a interviewée à plusieurs reprises, rend compte d’une artiste imprévisible, à la fois sur scène et en entretien, dont la liberté d’expression restera une référence pour la scène musicale francophone.
Une interview qui vibrait comme un concert
Selon Lehoux, chaque rencontre avec Ringer était une mise en scène à part entière. L’artiste se montrait sur ses gardes, prête à interrompre le dialogue dès qu’une question touchait un sujet qu’elle jugeait inapproprié ou mal formulé. Cette vigilance obligeait la journaliste à préparer minutieusement chaque échange, à anticiper les réactions et à rester attentive aux changements d’attitude soudains. Loin d’être une simple conversation, les entretiens prenaient la forme d’échanges intenses, ponctués de rires, de complicité et parfois d’une colère instantanée.
Le refus des faux‑semblants et la malpolitesse assumée
Ringer n’hésitait pas à se montrer « volontiers malpolie », un trait que la journaliste interprète comme un refus de l’hypocrisie. Pour elle, la politesse ne devait pas masquer la vérité ; elle préférait la franchise, même si cela pouvait choquer. Cette attitude ne traduisait pas un manque d’éducation, mais plutôt une volonté de briser les conventions sociales qui, selon elle, étouffaient la créativité. Elle rejetait les « faux‑semblants aux angles arrondis », c’est‑à‑dire les discours lisses et convenus, au profit d’une authenticité brute.
Un héritage de liberté qui continue d’inspirer
Le style d’interview de Ringer reflète la même énergie que l’on retrouvait sur scène avec les Rita Mitsouko : une liberté ébouriffante, un refus de se conformer aux attentes et une capacité à transformer chaque moment en performance. Son décès marque la perte d’une voix qui a constamment défié les normes du rock et de la pop françaises. Pour les artistes et les professionnels du secteur, son parcours rappelle l’importance de préserver une authenticité artistique, même lorsqu’elle heurte les cadres établis. Le témoignage de Lehoux, en soulignant les mécanismes de ces entretiens, offre aux futurs journalistes et musiciens un modèle de courage et de transparence dans la création et la communication.