La présidence nigériane a vivement réagi aux récentes déclarations de l'ancien vice-président Atiku Abubakar, qui a promis de rétablir les subventions sur le carburant s'il était élu. Le porte-parole de la présidence, Bayo Onanuga, a qualifié cette proposition de manœuvre politique opportuniste, soulignant qu'elle contredit les réformes structurelles déjà engagées par l'administration actuelle.
Une divergence sur la stratégie économique
Bayo Onanuga a accusé Atiku Abubakar de faire preuve d'un manque de compréhension des dynamiques économiques actuelles du pays. Selon la présidence, le retour à un régime de subventions, décrit comme corrompu et inefficace, serait une régression majeure. Le porte-parole a rappelé que l'ancien candidat avait lui-même soutenu la suppression de ces aides avant les élections de 2023, qualifiant son revirement actuel de stratégie désespérée pour conquérir le pouvoir.
L'impact sur la production locale et le secteur pétrolier
La présidence insiste sur le fait que le paysage pétrolier nigérian a radicalement changé depuis mai 2023. L'émergence de capacités de raffinage domestiques, notamment avec la raffinerie Dangote, est présentée comme un pilier de la nouvelle souveraineté énergétique du pays. Selon l'exécutif, réintroduire des subventions risquerait de mettre en péril la viabilité des raffineries locales, de provoquer des pertes d'emplois et de freiner l'exportation de produits raffinés, qui contribue désormais à la stabilité financière des États et des collectivités locales.
Le défi de la viabilité fiscale
Au-delà de la rhétorique politique, la présidence met au défi l'ancien vice-président de détailler le financement d'une telle mesure. Elle rappelle que le système précédent reposait sur des pertes massives pour la compagnie pétrolière nationale (NNPC) et sur un endettement public croissant. Pour l'administration Tinubu, la priorité reste la transition vers des alternatives moins coûteuses, comme le gaz naturel comprimé (GNC), plutôt que le retour à un modèle jugé fiscalement insoutenable. La présidence appelle ainsi à un débat public fondé sur des réalités chiffrées plutôt que sur des promesses électorales déconnectées des réformes législatives actées par la loi sur l'industrie pétrolière (PIA).