Capgemini cède sa filiale américaine après une polémique sur ses contrats avec l'immigration

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
Capgemini cède sa filiale américaine après une polémique sur ses contrats avec l'immigration

Le groupe français Capgemini a officialisé la vente de sa filiale Capgemini Government Solutions à la société américaine ITC Federal. Cette décision stratégique fait suite à une vive controverse concernant la fourniture d'outils technologiques à la police américaine de l'immigration (ICE).

Une cession sous la pression de la polémique

La vente de cette entité, spécialisée dans les services numériques pour les agences fédérales américaines, intervient quelques mois après des révélations sur ses activités. En début d'année, des enquêtes ont mis en lumière un contrat liant la filiale à l'ICE pour le déploiement d'outils d'identification et de localisation de ressortissants étrangers. Ces informations ont suscité une forte désapprobation au sein de la classe politique française et des syndicats du groupe, forçant la direction à réagir face à l'incompatibilité perçue entre ces missions et les valeurs de l'entreprise.

Les limites du contrôle opérationnel

Face aux critiques, la direction de Capgemini a invoqué des contraintes structurelles majeures. Le directeur général, Aiman Ezzat, a affirmé avoir découvert l'existence du contrat via des sources publiques, soulignant que la filiale opérait avec une autonomie décisionnelle totale. Le groupe a justifié cette séparation par l'impossibilité d'exercer un contrôle approprié sur des activités classifiées, imposées par le cadre légal américain pour les contrats fédéraux. Cette situation a mis en exergue les difficultés de gouvernance rencontrées par les multinationales lorsqu'elles opèrent dans des secteurs sensibles liés à la sécurité intérieure d'États tiers.

Enjeux financiers et restructuration

Sur le plan économique, la filiale cédée représentait une part marginale de l'activité globale du groupe, soit 0,4 % du chiffre d'affaires total en 2025 et moins de 2 % de ses revenus aux États-Unis. Toutefois, les enjeux financiers liés aux contrats de cette entité étaient significatifs : les documents publics américains indiquaient un contrat initial de 4,8 millions de dollars, susceptible d'atteindre 365 millions de dollars selon les performances. Cette cession s'inscrit dans un contexte plus large de transformation pour Capgemini, qui a parallèlement annoncé un plan de suppression de postes en France, illustrant les défis de gestion auxquels le groupe fait face sur plusieurs fronts géographiques.

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