Le géant français des services numériques Capgemini a officialisé la vente de sa filiale Capgemini Government Solutions à l'entreprise américaine ITC Federal. Cette décision marque l'épilogue d'une controverse majeure née de la participation de cette entité à des programmes technologiques de l'agence américaine de l'immigration (ICE).
Une sortie actée après un tollé médiatique
La mise en vente de cette filiale avait été annoncée dès février 2026, quelques semaines après la révélation par l'Observatoire des multinationales d'un contrat liant la filiale à l'ICE. L'outil fourni, destiné à l'identification et à la localisation de ressortissants étrangers, avait suscité une vive émotion en France, tant au sein de la classe politique que parmi les organisations syndicales du groupe. Le contexte politique américain, marqué par une campagne active de lutte contre l'immigration, avait amplifié la portée de cette polémique.
Les limites du contrôle opérationnel
Pour justifier cette séparation, la direction de Capgemini a mis en avant l'impossibilité d'exercer un contrôle effectif sur les activités de sa filiale américaine. Le directeur général, Aiman Ezzat, avait affirmé avoir pris connaissance de l'existence du contrat par des sources publiques, soulignant que les contraintes légales liées aux activités classifiées aux États-Unis empêchaient la maison-mère d'accéder aux détails opérationnels de sa propre filiale. Le contrat en question, signé en décembre 2025, affichait une valeur initiale de 4,8 millions de dollars, avec un potentiel d'évolution atteignant 365 millions de dollars selon les objectifs atteints.
Un poids financier marginal dans la stratégie globale
Malgré la résonance politique de l'affaire, Capgemini a tenu à relativiser l'impact économique de cette cession. La filiale concernée représentait 0,4 % du chiffre d'affaires global du groupe en 2025 et moins de 2 % de ses revenus générés sur le marché américain. L'acquéreur, ITC Federal, est spécialisé dans les solutions digitales pour les agences fédérales de défense et de sécurité intérieure, un secteur où les exigences de confidentialité sont particulièrement strictes.
Un contexte social sous tension
Cette opération de désengagement intervient alors que le groupe traverse une période de restructuration interne. En début d'année, Capgemini avait annoncé un plan social prévoyant la suppression de jusqu'à 2 400 postes en France, justifié par un ralentissement de son activité. La finalisation de la vente de la filiale américaine, prévue dans les prochaines semaines, clôt un chapitre sensible pour l'image du groupe, tout en s'inscrivant dans une phase de réorganisation plus large de ses opérations internationales.