Canal de Panama : El Niño force une nouvelle réduction du trafic, 5 % du commerce mondial menacé

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Canal de Panama : El Niño force une nouvelle réduction du trafic, 5 % du commerce mondial menacé

Le canal de Panama réduit à nouveau sa capacité de transit, la ramenant à 32 navires par jour contre 36 habituellement, en raison d'une sécheresse persistante liée au phénomène El Niño. Cette voie stratégique, par où passe 5 % du commerce mondial, consomme 200 millions de litres d'eau douce par bateau, une ressource devenue critique alors que le déficit de précipitations approche 36 % et que la saison sèche 2027 s'annonce précoce et prolongée.

Une hydraulique sous tension

Le fonctionnement du canal repose sur les lacs artificiels de Gatun et Alhajuela, alimentés par les pluies. Chaque franchissement d'écluse mobilise environ 200 millions de litres d'eau douce pour hisser les navires jusqu'à 26 mètres d'altitude. Face à un déficit cumulé de 35,8 % entre avril et août, l'Autorité du canal (ACP) a abaissé le tirant d'eau maximal autorisé de 15,24 à 14,63 mètres. Selon l'ex-administrateur Jorge Quijano, l'échec du remplissage des lacs en novembre contraindrait à de nouvelles restrictions drastiques.

Le spectre de la crise 2023-2024

L'épisode actuel ravive le souvenir de la période 2023-2024, où le trafic était tombé à 22 navires quotidiens et le tirant d'eau à 13,41 mètres, entraînant une chute de 20 % des transits et de 17 % du tonnage. Les prévisions gouvernementales craignent une saison sèche 2027 débutant plus tôt et s'étirant jusqu'en mai, sans « signe d'embellie à court terme » selon l'hydrométéorologue Erick Cordoba.

Répercussions sur la logistique mondiale

La réduction de capacité pèse déjà sur les coûts. Chaque perte de 30 centimètres de tirant d'eau retire près de 200 conteneurs à un navire pouvant en embarquer 16 000. Rebecca Bill Chavez, du Dialogue interaméricain, anticipe une hausse des frais d'expédition et des délais d'attente, répercutables sur les prix finaux. L'analyste Natasha Lindstaedt note que le trafic a augmenté depuis le conflit au Moyen-Orient, amplifiant la sensibilité du commerce américain à toute majoration tarifaire. L'armateur Maersk reste toutefois prudent sur l'ampleur finale de l'impact.

Un réservoir pour 2031

Pour sécuriser l'approvisionnement du canal et de la moitié des 4,6 millions de Panaméens qui en dépendent pour l'eau potable, l'ACP prévoit un nouveau réservoir de 4 600 hectares sur le fleuve Indio. Jugée « la plus viable » pour les cinquante prochaines années, cette infrastructure ne sera pas opérationnelle avant 2031, laissant la voie interocéanique exposée aux aléas climatiques pendant encore plusieurs années.

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