Canada : À Ripon, un ancien presbytère réinvente l'habitat collectif et solidaire

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Canada : À Ripon, un ancien presbytère réinvente l'habitat collectif et solidaire

En Outaouais, un ancien presbytère transformé en espace de vie communautaire et culturel insuffle une nouvelle dynamique au village de Ripon. Porté par un organisme à but non lucratif, ce projet d'habitat collectif à bas coût propose un modèle alternatif combinant colocation structurée et services de proximité. Cette initiative illustre comment l'économie sociale peut revitaliser un territoire rural tout en offrant une alternative face aux défis du logement.

Les faits essentiels

Né il y a six ans durant la pandémie, le projet du Manoir de Ripon a été initié par trois fondateurs, Arnaud Geoffroy, Violette Valembois et Morgane Fiorinelli, désireux de quitter Montréal pour créer un espace d'expérimentation. Ils ont fait l'acquisition d'un ancien presbytère, déjà converti par le passé en résidence pour aînés, pour la somme de 300 000 dollars grâce au soutien de proches et de mécènes. Pour porter cette acquisition, ils ont constitué un organisme à but non lucratif (OBNL).

Aujourd'hui, cette bâtisse patrimoniale abrite une douzaine de colocataires qui paient un loyer mensuel de 500 dollars. Le bâtiment comprend douze chambres avec salles de bains privatives, ainsi que des espaces communs et une cuisine partagée. Au rez-de-chaussée, le Café des orties, également géré en OBNL depuis son ouverture en 2022, propose des produits locaux et biologiques. Le sous-sol accueille quant à lui une friperie en libre-service, un frigo communautaire, ainsi que les collectifs Ateliers Urubu et Ripunk.

Pourquoi c'est important

Ce projet démontre la viabilité d'un modèle d'habitation solidaire qui s'éloigne des utopies informelles pour adopter une gestion rigoureuse. Encadré par un conseil d'administration travaillant de concert avec les résidents, le fonctionnement du Manoir assure l'autonomie de chacun tout en favorisant la vie collective. Le loyer modéré de 500 dollars offre aux locataires une sécurité financière précieuse, leur permettant de s'investir pleinement dans des projets artistiques, entrepreneuriaux ou communautaires.

De plus, l'intégration du Café des orties a permis de briser l'isolement initial des résidents arrivés en pleine crise sanitaire. En devenant un lieu de rassemblement pour les habitants de Ripon à travers des concerts, des vernissages ou des cercles de parole, le Manoir s'est imposé comme un véritable carrefour social et culturel pour ce village de l'Outaouais.

Ce qu'il faut surveiller

L'avenir du Manoir de Ripon dépendra de sa capacité à surmonter plusieurs défis structurels et financiers. En raison de sa nature hybride, combinant logement social et commerce communautaire, l'organisme peine à accéder à certaines subventions gouvernementales. Le modèle repose donc lourdement sur le bénévolat non rémunéré des membres, une situation difficilement tenable à long terme sans soutien extérieur.

Sur le plan matériel, des investissements importants sont requis à court terme pour assurer la pérennité du bâtiment patrimonial. Les gestionnaires doivent notamment financer le remplacement des fenêtres et l'installation d'une nouvelle fosse septique. Malgré ces obstacles financiers, l'engagement à long terme des fondateurs reste entier pour maintenir ce pôle d'innovation sociale au cœur de la région.

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