Le Mali mise sur 164 milliards pour révolutionner son riz

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 27 lectures
Le Mali mise sur 164 milliards pour révolutionner son riz

Un pari audacieux pour l’Office du Niger « La souveraineté alimentaire s’écrit aujourd’hui dans les champs du Mali. »

Le Mali lance sa campagne agricole 2026-2027 dans un élan sans précédent. 164,3 milliards de francs CFA viennent d’être mobilisés pour transformer l’Office du Niger, cœur battant de la production rizicole nationale, en une agropole industrielle. Un tournant ? Peut-être. Mais le défi reste de taille.


Un symbole fort : les autorités aux côtés des paysans La cérémonie de lancement, tenue le 25 juin 2026 à Ségou, a marqué les esprits. Le ministre de l’Agriculture, Dr Ibrahima Samaké, y a incarné l’engagement du gouvernement. Après des discours, il a descendu dans les champs pour échanger avec les producteurs. Une initiative qui envoie un message clair : l’État ne reste pas spectateur.

Pourtant, cette mobilisation s’inscrit dans une continuité stratégique. Moins de trois semaines plus tôt, le Conseil supérieur de l’Agriculture, présidé par le chef de l’État, Assimi Goïta, fixait les grandes lignes de cette campagne. Les orientations sont désormais gravées dans le marbre : modernisation, agro-industrie, et surtout, autonomie alimentaire.


L’Office du Niger, laboratoire d’une révolution Le thème de cette campagne est sans équivoque : « De périmètre irrigué à agro-industrie ». L’objectif ? Faire de l’Office du Niger un modèle de production intégrée, où riz, transformation et valeur ajoutée forment un écosystème cohérent.

Samba Tounkara, son PDG, ne cache pas l’ambition : « Nous visons 2063 comme une agropole de référence ». Des plates-formes agro-industrielles et des rizeries modernes doivent émerger pour dynamiser l’économie locale. Mais derrière les chiffres (11,9 millions de tonnes de céréales visées), se cache une réalité brutale : le Mali importe encore trop. Comment concilier ambition et réalités terrain ?


164 milliards : un budget qui en dit long Cette enveloppe, en hausse de 2 %, finance des subventions, l’entretien des infrastructures hydrauliques et l’équipement des producteurs. Des batteuses de riz ont été remises aux organisations paysannes lors du lancement – un geste symbolique pour accélérer les récoltes.

Pourtant, la sécurité reste un enjeu majeur. Sans stabilité dans les zones agricoles, les objectifs risquent de rester des vœux pieux. Le PDG de l’Office du Niger l’a rappelé : « Les Forces armées assurent notre dos ». Mais la paix ne se décrète pas. Peut-on vraiment compter sur elle pour garantir les moissons ?


Souveraineté alimentaire : un combat national Dr Samaké a été clair : « La souveraineté alimentaire, c’est la dignité du Mali ». Derrière ce slogan se cache une stratégie économique : créer des emplois pour les jeunes, réduire les importations, et faire du pays un acteur sous-régional.

La Vision 2063 et le projet Farafina Jiginè (nourrir le Mali et l’Afrique de l’Ouest) sont les piliers de cette transition. Mais entre les promesses politiques et les réalités du terrain, le chemin est semé d’embûches. Combien de campagnes agricoles faudra-t-il pour que ces mots deviennent des faits ?


Conclusion : vers une rupture ou une illusion ? Le Mali mise tout sur son riz. 164 milliards, des machines neuves, des discours ambitieux… Mais derrière cette campagne se cache une question cruciale : l’agro-industrie suffira-t-elle à nourrir le pays, ou ne sera-t-elle qu’un leurre pour les investisseurs étrangers ?

Une chose est sûre : le pari est lancé. Reste à savoir si les champs du Niger sauront en faire une victoire.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.