Le ministère des Finances du Cameroun a identifié 5 971 fonctionnaires et agents de l’État comme étant potentiellement absents de leurs postes depuis plusieurs mois. Ces agents risquent une suspension de leur rémunération tant qu’ils ne prouvent pas leur présence effective, dans le cadre d’une campagne de nettoyage du fichier paie.
Une opération de contrôle du fichier solde
Depuis 2023, le gouvernement camerounais mène plusieurs actions visant à assainir le registre des salaires de la fonction publique. L’objectif affiché est de réduire les dépenses publiques liées à des paiements jugés injustifiés. La dernière initiative, pilotée par le ministère des Finances, s’appuie sur le croisement des données de mouvements aux frontières et sur les déclarations des administrations employeuses afin de repérer les agents qui, selon les autorités, auraient quitté le pays tout en continuant à percevoir leur salaire.
Qui sont les 5 971 agents concernés ?
Les fonctionnaires ciblés proviennent de divers ministères et établissements publics. Le critère principal retenu est l’absence prolongée et non justifiée à leur poste, détectée grâce à l’absence de pointage ou de déclarations d’activité. Le ministère précise que chaque agent devra se présenter physiquement aux services des finances, muni de pièces justificatives (attestation de poste, contrat, justificatif de déplacement, etc.) pour prouver la légitimité de sa rémunération. En l’absence de ces documents, la rémunération des mois de septembre et octobre sera réaffectée à la trésorerie, sous forme de mesure conservatoire.
Impact financier et économies attendues
Le même dispositif de comptage physique a déjà conduit, en novembre 2025, à la radiation de 6 936 agents, générant une économie estimée à 30 milliards de francs CFA (environ 45,7 millions d’euros). Les autorités espèrent que la suspension de salaire des 5 971 nouveaux cas permettra de renforcer davantage les caisses de l’État, notamment dans un contexte de déficit budgétaire croissant. Cette démarche s’inscrit également dans la volonté de restaurer la confiance des bailleurs de fonds et des investisseurs, qui surveillent de près la maîtrise des dépenses publiques.
Défis de mise en œuvre et réactions du secteur public
Le plan suscite des inquiétudes parmi les syndicats et les organisations de la fonction publique, qui redoutent des sanctions disproportionnées et un manque de procédure claire. Certains agents contestent la méthode de détection, arguant que les déplacements à l’étranger peuvent être légitimes (missions, formations, congés). Le ministère des Finances, quant à lui, insiste sur la nécessité d’une preuve tangible de présence pour débloquer les salaires, rappelant que la mesure vise à protéger les finances de l’État et non à pénaliser les fonctionnaires honnêtes. La prochaine étape consistera à vérifier les dossiers présentés, à décider des cas de radiation définitive et à réintégrer les agents justifiés dans le système de paie.