Cameroun: le RDPC dément toute vacance de pouvoir malgré l'absence prolongée du président

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Cameroun: le RDPC dément toute vacance de pouvoir malgré l'absence prolongée du président

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti présidentiel camerounais, a réaffirmé l’absence de toute vacance de pouvoir au sommet de l’État, malgré la controverse suscitée par l’absence prolongée du chef de l’État hors de son pays. Selon une déclaration publiée le 21 juillet, Jacques Fame Ndongo, ministre d’État et secrétaire national à la communication du RDPC, a qualifié d’inexistante toute tentative de remettre en cause la légitimité de l’exercice du pouvoir par le président en place.

Le ministre a rappelé qu’aucune disposition légale ou réglementaire ne fixe au Cameroun la durée maximale d’absence du président hors du territoire national. Il a souligné que l’absence de cadre juridique applicable rendait toute interprétation sur une éventuelle vacance de pouvoir juridiquement infondée. Jacques Fame Ndongo a également insisté sur le fait que le président camerounais, en fonction depuis 1982, continue de superviser les affaires de l’État, que ce soit par des moyens électroniques ou en présentiel avec ses collaborateurs.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par des interrogations croissantes sur l’absence prolongée du président, qui s’étend désormais à plus de quarante-cinq jours. Le parti au pouvoir a rejeté avec véhémence les critiques, qualifiant les accusations de « barbarisme juridique, voire politique ou logique ». Il a évoqué une « imagination féconde et vagabonde » pour décrire les tentatives de certains acteurs politiques de s’appuyer sur des textes inexistants pour contester la légitimité de l’exercice du pouvoir.

Face à cette réponse, l’opposition camerounaise a réagi avec fermeté. Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), parti de l’opposant Maurice Kamto, a immédiatement contesté les propos du RDPC. Le MRC a questionné la capacité d’un président à exercer pleinement ses fonctions après une absence aussi prolongée, évoquant une situation où la magistrature suprême deviendrait « une vue de l’esprit ». Le parti a également ironisé sur l’idée d’un Cameroun « gouverné en télétravail clandestin », suggérant que l’exercice du pouvoir à distance ne saurait se substituer à une présence physique sur le territoire national.

Cette polémique met en lumière les tensions persistantes autour de la gouvernance au Cameroun, où la question de la succession et de la légitimité du pouvoir reste un sujet sensible. Les débats sur la vacance de pouvoir, bien que juridiquement contestés par le parti au pouvoir, reflètent les attentes d’une partie de la population et de l’opposition quant à la transparence et à la proximité du chef de l’État avec les réalités nationales.

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