Cameroun : la réélection de Samuel Eto'o à la Fecafoot fragilisée par une décision du TAS

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 84 lectures
Cameroun : la réélection de Samuel Eto'o à la Fecafoot fragilisée par une décision du TAS
Photo par cottonbro studio sur Pexels

Pour la première fois depuis l'élection de Samuel Eto'o à la tête de la Fédération camerounaise de football, une juridiction internationale accepte d'examiner la régularité du scrutin qui l'a reconduit à la présidence. Le 5 mai 2026, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a déclaré recevable le recours de l'Association camerounaise des arbitres de football (ACAF), ouvrant une brèche procédurale dans un édifice jusque-là considéré comme verrouillé.

Une victoire de procédure pour les arbitres

La décision rendue à Lausanne est strictement technique, mais lourde de conséquences. Le TAS a estimé que le Communiqué N°7 de la Commission électorale de la Fecafoot, publié le 13 septembre 2025, constitue bien une « décision » susceptible de recours au sens de l'article R47 du Code du TAS. Il a également reconnu la qualité pour agir de l'ACAF, après l'épuisement des voies internes. La Fédération dispose désormais de vingt jours pour présenter sa défense. Cette étape ne préjuge en rien du fond du dossier, comme le rappelle l'observateur Jim Noah : la recevabilité reste une décision « avant dire droit ».

Les dessous d'un scrutin sans opposition

Réélu le 29 novembre 2025 avec 85 voix sur 87 et sans adversaire, Eto'o avait obtenu un plébiscite apparent, acquis sous la supervision d'émissaires de la FIFA et de la CAF. Le scrutin intervenait pourtant dans un climat de contestation : le ministère des Sports avait demandé l'annulation de l'assemblée générale élective, dénonçant des irrégularités liées à la composition du corps électoral et à l'intégration présumée de clubs fictifs. En mars 2026, le TAS avait déjà condamné la Fecafoot dans un dossier distinct l'opposant au Syndicat national des footballeurs du Cameroun, ajoutant une pression supplémentaire sur l'instance.

Les arbitres, un conflit social devenu judiciaire

Le litige prend racine dans une grève déclenchée en avril 2025 par l'ACAF pour réclamer le règlement d'environ 300 millions de FCFA d'arriérés de primes. Selon son président Alioum Sidi, les engagements de 2021 sur la professionnalisation des arbitres et le paiement régulier de leurs indemnités seraient restés lettre morte. En représailles, la Fecafoot avait écarté l'ACAF du processus électoral au profit d'une nouvelle structure. Six recours liés à ce scrutin sont aujourd'hui pendants devant le TAS, dont celui de plusieurs clubs.

Trois scénarios pour le mandat d'Eto'o

Si le TAS confirme la validité de la réélection au fond, Eto'o poursuivra son mandat sans encombre. Une annulation partielle obligerait la Fecafoot à organiser de nouveaux scrutins locaux, sans toucher à la présidence. Mais si les juges considèrent que les irrégularités ont vicié une étape déterminante du processus, la sentence pourrait alors fragiliser le mandat de l'ancien attaquant du Barcelone,ypothèse désormais crédible sur le plan judiciaire. Au-delà du cas personnel, l'issue sera scrutée par la FIFA et la CAF : la gouvernance du football camerounais, ses mécanismes électoraux et la place des acteurs du jeu se jouent aussi dans ce dossier.

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