L'assemblée générale du Syndicat National des Footballeurs du Cameroun (Synafoc) s'est ouverte à Douala dans un climat de tensions, après une tentative de blocage orchestrée depuis la Ligue de football féminin du Cameroun (LFFC) à la veille des travaux. Une note diffusée sur le forum WhatsApp officiel regroupant les présidents de clubs féminins appelait à empêcher toute participation à la réunion, brandissant la menace d'un retrait d'affiliation des clubs concernés.
Une note menaçante à quelques heures des travaux
Selon les informations recueillies sur place, la secrétaire générale de la LFFC a adressé, peu avant l'ouverture de l'assemblée, un message aux dirigeants des clubs féminins. Elle y présentait le Synafoc comme une « Association ou Syndicat suspendu par la Fédération Camerounaise de Football » et avertissait que toute participation à ses travaux pourrait entraîner le « retrait de votre club par la Fecafoot de la liste de ses clubs affiliés ». La note exigeait des présidents qu'ils prennent « toutes les mesures immédiates et nécessaires » pour empêcher la présence de leurs membres.
Un effet limité sur les délégués présents
La pression n'a eu qu'un effet marginal sur le déroulement de l'assemblée. Une demi-douzaine de personnes ont quitté la salle par précaution, mais la grande majorité des délégués et acteurs présents ont choisi de passer outre les consignes de la LFFC. Les travaux se sont poursuivis dans le calme, selon les témoignages rapportés, infligeant un revers aux auteurs de cette initiative.
Un test pour l'autonomie syndicale des footballeurs
L'épisode met en lumière les rapports de force internes au football camerounais, où la question de la représentation syndicale des joueurs se heurte aux prérogatives des instances dirigeantes. Le Synafoc, qui s'était déjà illustré en interpellant la Fecafoot sur la question des salaires minimums, voit son organisation contestée au moment même de tenir ses propres instances. La capacité des footballeurs à réunir leurs délégués malgré les menaces constitue un signal pour la suite des relations entre le syndicat, la LFFC et la fédération.