Cameroun : 5 000 milliards de FCFA bloqués faute de projets viables

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 40 lectures
Cameroun : 5 000 milliards de FCFA bloqués faute de projets viables

Près de 5 000 milliards de francs CFA (environ 9 milliards de dollars), empruntés et disponibles, restent bloqués au Cameroun faute de projets d’investissement public suffisamment aboutis. Une situation paradoxale qui interroge l’efficacité de la gestion des fonds publics et la capacité du pays à mobiliser ses ressources pour le développement.

Un paradoxe économique : des fonds disponibles mais inutilisés

Selon les dernières évaluations de la Caisse autonome d’amortissement, institution camerounaise chargée de la gestion de la dette publique, plus de 5 000 milliards de francs CFA sont actuellement immobilisés sous forme de « soldes engagés non décaissés ». Ces fonds, déjà empruntés et donc disponibles, ne peuvent être mobilisés en raison de l’absence de projets d’investissement public suffisamment structurés ou finalisés. Ce phénomène, bien que courant dans de nombreux pays, prend une dimension critique au Cameroun, où les besoins en infrastructures et en services publics restent immenses.

Cette situation reflète un double défi : d’une part, la difficulté à concevoir et à exécuter des projets bancables, et d’autre part, les lenteurs administratives ou les blocages institutionnels qui retardent leur mise en œuvre. Les économistes soulignent que ces fonds inutilisés représentent une opportunité manquée pour accélérer la croissance, réduire le chômage ou améliorer les conditions de vie des populations.

Quelles solutions pour débloquer ces ressources ?

Plusieurs pistes sont évoquées pour remédier à ce gaspillage latent. La première consiste à renforcer les capacités techniques et administratives des structures en charge de l’élaboration des projets, afin de garantir leur viabilité et leur rapidité d’exécution. Une meilleure coordination entre les ministères, les bailleurs de fonds et les acteurs privés pourrait également faciliter l’identification et la concrétisation de projets prioritaires.

Par ailleurs, la transparence dans l’utilisation de ces fonds et la publication régulière de rapports sur leur avancement pourraient restaurer la confiance des investisseurs et des citoyens. Enfin, une révision des procédures d’appel d’offres et des critères de sélection des projets pourrait permettre de réduire les délais et d’éviter les blocages. Sans une action décisive, le Cameroun risque de voir ces ressources s’accumuler sans jamais contribuer à son développement, alors que le pays pourrait en avoir un besoin urgent pour répondre à ses défis socio-économiques.

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