Des caméras de surveillance civilles, initialement installées pour protéger des biens, sont exploitées comme outils de renseignement par des États et des groupes de hackers au Proche-Orient. L’enquête révèle que ces dispositifs, souvent d’origine chinoise, permettent d’observer mouvements de troupes, déplacements de responsables et sites sensibles, déclenchant une course à la sécurisation des équipements.
Des caméras civiles détournées pour espionner les forces armées
Le Wall Street Journal a documenté que des acteurs étatiques et des cyber‑pirates exploitent les failles des caméras connectées en Israël, en Iran, en Russie et en Ukraine. En modifiant les paramètres linguistiques ou en accédant aux flux vidéo, ils peuvent suivre les déplacements de troupes près de frontières stratégiques, comme la zone libanaise, ou surveiller des infrastructures militaires.
Illustration concrète : la caméra d’un poulailler israélien
Un éleveur de volailles du nord d’Israël a découvert que la langue d’une caméra installée au-dessus de son poulailler avait été changée en arabe. L’appareil, fabriqué en Chine, était piraté et pointait vers une zone où des opérations militaires se déroulaient près de la frontière libanaise. La Direction nationale israélienne de la cybersécurité a confirmé le détournement, soulignant la portée stratégique d’un dispositif pourtant destiné à la protection animale.
Réponses des services de renseignement et mesures de protection
Face à ces menaces, les services israéliens ont déclaré avoir bloqué une cinquantaine de tentatives d’intrusion similaires entre décembre 2025 et mars 2026, après que des pirates iraniens eurent déjà utilisé des caméras de circulation pour suivre des personnalités et repérer l’Institut Weizmann des Sciences. Le Financial Times rapporte que le renseignement israélien a, à son tour, infiltré des caméras à Téhéran pour surveiller des hauts responsables iraniens. Les autorités recommandent de changer les mots de passe par défaut, d’appliquer régulièrement les mises à jour logicielles et de renforcer la protection des équipements situés à proximité de sites sensibles, notamment grâce à l’intelligence artificielle qui analyse les flux d’images en temps réel.