Une députée ghanéenne exhorte le président Mahama à réviser un projet de loi controversé sur le cacao, craignant une atteinte aux droits des producteurs et un usage abusif de la majorité parlementaire.
Un pouvoir parlementaire inédit et ses dérives potentielles
La Ghana, dotée d’une majorité parlementaire des deux tiers, fait face à des tensions autour d’un amendement du Cocoa Board Bill. Abena Osei-Asare, ancienne ministre adjointe des Finances et députée, a interpellé le président John Dramani Mahama lors d’une manifestation intitulée « Démocratie en danger » le 6 août. Elle a souligné l’absence de précédent constitutionnel pour une telle majorité, non anticipée par les rédacteurs de la Constitution.
Selon elle, cette situation impose une responsabilité accrue au gouvernement, qui doit utiliser son pouvoir législatif au service de l’intérêt général. Osei-Asare a critiqué une disposition du projet de loi obligeant les producteurs de cacao à obtenir l’autorisation du Ghana Cocoa Board avant de modifier l’usage de leurs terres. Une mesure qu’elle juge excessive, car elle pourrait restreindre la liberté des agriculteurs sur leurs propriétés privées.
Entre contrôle étatique et droits des producteurs
La députée a questionné la légitimité d’une telle restriction, estimant qu’un agriculteur ne devrait pas être sanctionné pour avoir changé l’affectation de ses terres sans autorisation préalable. Elle a rappelé que le président Mahama avait récemment amendé un autre texte, le Tribunal Bill, après des critiques similaires, et l’a invité à faire de même pour le Cocoa Board Bill.
Osei-Asare a insisté sur la nécessité de protéger les droits des citoyens, rappelant que la majorité parlementaire des deux tiers avait été accordée par les Ghanéens dans un but précis : servir le développement national et renforcer la démocratie. Elle a conclu en appelant le gouvernement à éviter tout abus de pouvoir, au risque de saper la confiance des citoyens dans les institutions.