Le kilogramme de cacao commercialisé à Douala en août 2026 se négocie entre 2 750 et 2 900 FCFA, soit plus du double du prix minimum garanti de 1 200 FCFA fixé en Côte d’Ivoire pour la campagne 2026/27. Cette différence met en lumière une dynamique de valorisation portée sur la qualité, la traçabilité et la transformation locale au sein de la filière camerounaise.
Écart de prix entre le Cameroun et la Côte d’Ivoire
Selon les chiffres de l’Office national du cacao et du café (ONCC), le prix du cacao à Douala oscillait entre 2 750 et 2 900 FCFA le kilogramme au 31 août 2026. En parallèle, la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, a fixé à 1 200 FCFA/kg un prix minimum garanti pour la même campagne, créant un écart de près de trois fois le niveau ivoirien.
Les leviers de la hausse camerounaise
Le ministère du Commerce attribue cet écart aux spécificités du marché camerounais et aux récentes initiatives visant à améliorer la qualité du cacao, à renforcer la traçabilité et à développer la transformation locale. Le suivi des prix assuré par l’ONCC contribue également à une plus grande transparence, incitant les acteurs à proposer des prix plus élevés pour une production répondant à des standards plus exigeants.
Stratégie de transformation et débouchés régionaux
Lors du lancement de la campagne 2026/27, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a souligné le rôle croissant des capacités de transformation au Cameroun et la proximité du marché nigérian comme nouveaux moteurs de valeur. La transformation locale permet de capter davantage de revenus dans la chaîne de valeur, tandis que l’accès au Nigeria ouvre des débouchés de proximité pour les produits transformés.
Conséquences pour les producteurs camerounais
Le ministère indique que la compétitivité du secteur ne repose plus uniquement sur le volume de production, mais sur la capacité à offrir une meilleure rémunération aux agriculteurs grâce à une qualité supérieure et à des filières de transformation intégrées. Cette orientation pourrait encourager les cultivateurs à adopter des pratiques agricoles plus durables et à investir dans la certification, renforçant ainsi la position du Cameroun sur le marché mondial du cacao.