Burundi : Le Parlement durcit le ton face à la mauvaise gestion chronique des entreprises publiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
Burundi : Le Parlement durcit le ton face à la mauvaise gestion chronique des entreprises publiques

Face aux pertes financières répétées au sein des sociétés paraétatiques, le président de l'Assemblée nationale du Burundi a sommé les gestionnaires de rendre des comptes. Cette offensive parlementaire vise à mettre fin à l'impunité et à l'inexécution des recommandations formulées par les organes de contrôle.

L'exigence de résultats face aux dérives

Le président de l'Assemblée nationale a clairement affiché sa volonté de rompre avec l'inertie actuelle. Lors de la présentation du rapport d'audit de la Centrale d'achat des médicaments du Burundi (Camebu), il a dénoncé une gestion opaque marquée par des détournements de fonds et un enrichissement personnel illicite au détriment des capitaux publics. L'institution parlementaire menace désormais de commanditer des audits indépendants assortis de sanctions sévères pour les responsables identifiés comme défaillants.

La politisation des instances dirigeantes en question

Pour les observateurs de la société civile, comme l'association Parcem, le mal est structurel. La nomination des membres des conseils d'administration et des directions repose trop souvent sur des critères politiques plutôt que sur l'expertise technique. Cette absence de contrats de performance et de culture du résultat, couplée à une corruption endémique et au non-respect des obligations de déclaration de biens, empêche toute compétitivité des entreprises d'État.

Vers un contrôle parlementaire renforcé

La classe politique appelle à une montée en puissance du rôle de contrôle de l'Assemblée nationale. L'ancien président de l'institution, Léonce Ngendakumana, souligne que les élus disposent de leviers constitutionnels, tels que les questions orales, les commissions d'enquête et, en dernier recours, la motion de défiance. L'enjeu est de transformer les constats d'audit en décisions politiques concrètes pour protéger les intérêts de l'État.

L'audit comme outil de diagnostic

Au-delà des sanctions, des experts en leadership préconisent une approche analytique rigoureuse. Selon cette perspective, il est impératif de distinguer les causes internes de défaillance — liées à la gouvernance — des contraintes externes liées à l'environnement des affaires. L'État est ainsi encouragé à croiser les audits externes avec les rapports de gestion pour élaborer des stratégies de redressement efficaces, condition sine qua non pour transformer ces entités en leviers de croissance économique.

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