Face à une dépendance aux importations de deux-roues pesant lourdement sur la balance commerciale, une proposition de relance de la Société Industrielle du Faso (SIFA) émerge. Ce projet ambitionne de transformer l'unité en une usine nationale de montage, articulée autour de la souveraineté industrielle et de la valorisation du capital humain local.
Un levier contre la vie chère et la fuite des devises
Le Burkina Faso importe chaque année pour environ 150 milliards de FCFA d'engins à deux roues, un coût prohibitif pour les ménages ruraux et les petits travailleurs. La proposition suggère d'importer les composants en mode CKD (Completely Knocked Down) pour un assemblage local à Bobo-Dioulasso. Selon l'auteur du projet, cette stratégie permettrait de réduire le coût de revient final de 30 à 40 % en optimisant les taxes d'importation et les frais de logistique, tout en fixant un prix de vente souverain plus accessible.
Mobiliser l'expertise technique existante
L'un des piliers de ce plan repose sur le capital humain. Plutôt que de repartir de zéro, le projet mise sur le savoir-faire des anciens travailleurs de la SIFA et de la SAP OLYMPIC. Ces experts, toujours actifs dans le secteur informel, pourraient servir de maîtres-formateurs pour transmettre rapidement les compétences techniques à la jeune génération. Cette approche vise non seulement à réduire les coûts de démarrage liés au recours à des experts étrangers, mais aussi à garantir une justice sociale en réintégrant des travailleurs qualifiés dans le tissu industriel national.
Vers un écosystème industriel intégré
Au-delà du simple montage, le projet envisage un effet d'entraînement sur d'autres pans de l'économie. La production de 50 000 unités par an pourrait relancer la demande pour des entreprises comme SAP OLYMPIC, spécialisée dans les pneumatiques. À terme, l'objectif est de développer une industrie locale de pièces détachées et de créer une unité de recyclage plastique pour fabriquer des carénages et accessoires. Cette vision circulaire, couplée à un modèle de financement mixte — 60 % de capital public et 40 % d'actionnariat populaire — est présentée comme une solution concrète pour stimuler l'emploi et réduire la pollution plastique.
Étapes vers une faisabilité opérationnelle
Pour concrétiser cette ambition, la proposition préconise la création d'un comité technique restreint. Ses missions prioritaires incluraient l'audit des infrastructures existantes de la SIFA, l'établissement d'un partenariat technologique avec des équipementiers internationaux axé sur le transfert de compétences, et l'élaboration d'un business plan rigoureux. Ce projet se veut une matérialisation directe de la politique de souveraineté industrielle, transformant une dépense de consommation courante en un investissement productif pour le pays.