Une enquête publiée par une organisation internationale de défense de la liberté de la presse accuse les autorités du Burkina Faso de s’appuyer sur une structure organisée pour mener des campagnes de propagande et d’intimidation en ligne, notamment à l’encontre des journalistes.
Selon le texte source, cette entité, désignée sous le nom de Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR-C), serait composée d’une mosaïque d’acteurs incluant des activistes, des comptes anonymes, des personnalités proches du pouvoir, ainsi qu’un membre du gouvernement. L’organisation est présentée comme une milice numérique agissant avec une relative impunité, ciblant les voix dissidentes et les détracteurs du régime en place.
L’enquête indique que les BIR-C opèrent principalement sur les plateformes sociales, où ils déploient des stratégies variées : harcèlement en ligne, diffusion de fausses informations, détournement d’images, insultes et menaces. Ces méthodes visent, selon l’ONG, à museler toute critique envers le pouvoir militaire, en particulier celle des journalistes, considérés comme des cibles prioritaires.
Le groupe est également associé à un espace de discussion en ligne, dont des extraits ont été rendus publics, et dont l’analyse aurait permis d’identifier des liens avec des responsables politiques. Cette structure, selon les conclusions de l’enquête, ne serait pas un mouvement spontané de citoyens, mais bien une organisation structurée, intégrant des acteurs institutionnels.
Le Burkina Faso traverse depuis septembre 2022 une période marquée par un changement de régime, consécutif à un coup d’État. Le nouveau pouvoir, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, affiche une orientation souverainiste, rejette les influences étrangères et se présente comme non démocratique. Depuis son installation, les autorités ont adopté plusieurs mesures restrictives : suspension de médias, arrestations, dissolutions d’associations et restrictions des libertés individuelles.
Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte où la liberté de la presse au Burkina Faso connaît un recul significatif. Selon les données disponibles, le pays occupe une position éloignée dans les classements internationaux dédiés à ce domaine, reflétant les difficultés croissantes rencontrées par les professionnels des médias dans l’exercice de leur métier.