Burkina Faso : une brigade motorisée traquera les contrevenants du Code de la route pour en finir avec l'impunité

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 88 lectures
Burkina Faso : une brigade motorisée traquera les contrevenants du Code de la route pour en finir avec l'impunité

Le Burkina Faso change de stratégie face à l’incivisme routier : après des années de sensibilisation, les autorités misent désormais sur une répression systématique avec la création de la Brigade de recherche et d’investigation contre l’incivisme routier (BRICIR).

Une unité motorisée pour traquer les contrevenants

Lancée officiellement le 2 septembre 2026 à Ouagadougou, la BRICIR est une brigade motorisée composée de binômes chargés de traquer les auteurs de délits de fuite, les contrevenants identifiés par e-verbalisation mais non sanctionnés, ainsi que les personnes impliquées dans des accidents de la circulation. Contrairement aux unités de contrôle classiques, cette nouvelle structure a pour mission de prévenir, constater et réprimer les infractions au Code de la route, avec une approche ciblée sur les comportements à risque.

Selon le directeur général de la police nationale, Thierry Dofizouho Tuina, la BRICIR n’est pas une simple unité de plus, mais une réponse adaptée à l’ampleur de l’incivisme routier. « Vous portez sur vos épaules une immense responsabilité. Vous êtes le bouclier de nos concitoyens sur nos routes », a-t-il déclaré lors du lancement, insistant sur l’éthique et la déontologie des agents formés en amont.

La fin de la sensibilisation : place à la répression

Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a clairement indiqué que la BRICIR marque la fin d’une ère de tolérance. « Fini la sensibilisation. Cette brigade est là pour réprimer », a-t-il affirmé, précisant que même les infractions anciennes seront traquées. « Si vous brûlez un feu rouge aujourd’hui, dans un mois ou trois mois, la BRICIR mènera des investigations pour vous faire payer l’amende et vous amener à Faso Mêbo pour des travaux d’intérêt général. »

Cette fermeté s’accompagne d’une volonté de généraliser la BRICIR dans les chefs-lieux de région, étendant ainsi son champ d’action au-delà de la capitale. Le patron de la police nationale a souligné que cette mesure vise à briser la culture de l’impunité, où les usagers « regardent à gauche et à droite pour voir s’il n’y a pas un policier avant de brûler un feu ».

Un pari risqué entre efficacité et acceptation sociale

Si la création de la BRICIR répond à une demande croissante de sécurité routière, elle soulève des questions sur son acceptation par la population. Les autorités misent sur l’effet dissuasif d’une répression systématique, mais certains observateurs craignent que cette approche ne génère des tensions, notamment dans un contexte où les forces de l’ordre sont déjà critiquées pour leur gestion des contrôles routiers. La réussite de cette unité dépendra de sa capacité à concilier fermeté et professionnalisme, comme l’a rappelé le directeur général de la police nationale.

Avec cette brigade, le Burkina Faso rejoint une tendance africaine où plusieurs pays renforcent leurs dispositifs répressifs pour lutter contre l’incivisme routier. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits ou si elle sera perçue comme une mesure punitive plutôt que préventive.

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