Arrivé au terme de deux années d'exécution, le projet d'assistance multisectorielle mené par CARE International et l'ATAD au Burkina Faso livre ses premiers enseignements. Cette initiative, financée par le Canada, a ciblé les besoins vitaux en santé sexuelle, nutrition et protection des populations déplacées et des communautés d'accueil.
Un appui concret face à l'insécurité
Lancé en janvier 2025, le programme a déployé des interventions dans des zones où le tissu social et sanitaire a été durement éprouvé par la crise sécuritaire. L'action s'est concentrée sur la réhabilitation d'infrastructures de santé et la fourniture de matériel médico-technique, permettant de maintenir un accès aux soins dans des localités fragilisées. Au-delà du volet médical, le projet a mis en place quatre espaces dédiés à la protection des femmes et des filles, visant à renforcer leurs compétences et leur résilience au sein de leurs communautés.
Une approche participative pour 200 000 bénéficiaires
Le bilan fait état d'environ 200 000 personnes touchées par ces actions. La sélection des zones d'intervention a reposé sur une démarche participative impliquant les acteurs nationaux et régionaux, garantissant une allocation des ressources vers les secteurs les plus vulnérables. Cette méthode visait à répondre de manière ciblée aux défis majeurs que sont les risques nutritionnels, les violences basées sur le genre et les difficultés d'accès aux services sociaux de base.
Vers la pérennisation des acquis
Lors de l'atelier de capitalisation tenu à Ouagadougou, les autorités burkinabè et les partenaires canadiens ont souligné que la réussite d'une telle intervention ne se mesure pas au volume d'activités, mais à la durabilité des changements produits. Le ministère en charge de la famille a formulé quatre axes stratégiques pour l'avenir : l'appropriation des acquis par les collectivités locales, une meilleure coordination intersectorielle, une participation accrue des communautés et le renforcement des mécanismes de suivi.
Des recommandations pour les futures interventions
L'ambassadeur du Canada au Burkina Faso, Richard Le Bars, a insisté sur la nécessité de documenter rigoureusement les leçons apprises pour orienter les politiques humanitaires futures. L'enjeu est désormais de transformer les résultats de ce projet en recommandations opérationnelles. Pour les autorités, il s'agit de s'assurer que les capacités locales développées durant ces deux années puissent perdurer, garantissant ainsi une continuité de service pour les populations les plus exposées, bien au-delà de la clôture officielle du projet prévue pour le 31 octobre 2026.