Burkina Faso : un doctorat à Niamey pour interroger la rente minière comme levier de développement

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 69 lectures
Burkina Faso : un doctorat à Niamey pour interroger la rente minière comme levier de développement

Un chercheur burkinabè a soutenu à Niamey une thèse de doctorat consacrée à la gouvernance du secteur extractif au Burkina Faso, avec pour question centrale la capacité des États sahéliens à transformer une richesse minière non renouvelable en moteur de développement durable. Le travail, dirigé depuis l'Université de Kara au Togo et défendu devant un jury panafricain et européen, a reçu une appréciation favorable de la part des évaluateurs.

Une thèse sur la rente minière comme levier structurel

Bazouwine Guy Berthin Dabiré a soutenu à l'École des mines, de l'industrie et de la géologie (EMIG) du Niger sa thèse intitulée « Gouvernance du secteur extractif au Burkina Faso : efficacité des dispositifs de collecte et d'allocation de la rente minière », en option Management/Gouvernance minière. Le travail s'attaque à une question devenue centrale au Sahel : comment éviter que l'extraction minière reste une activité simplement rentable sans irriguer durablement l'économie nationale.

Quatre préoccupations articulées autour de l'intérêt public

Le candidat a structuré sa recherche autour de quatre axes. Le premier, économique, vise à optimiser la captation de la rente issue des ressources naturelles non renouvelables. Le second, managérial, cible l'amélioration de la performance des institutions chargées de collecter et de gérer cette rente. Le troisième aborde la gouvernance du secteur : transparence, coordination, redevabilité et efficacité des décisions publiques, dans l'objectif affiché de réduire les conflits sociaux liés à l'exploitation minière. Le quatrième axe, dédié au développement durable, entend « transformer une richesse minérale temporaire en bénéfices durables pour les populations actuelles et des générations futures ».

Un jury panafricain salue la pertinence des recommandations

Présidé par le Pr Isaïe Nzeyimana, de l'Université du Rwanda, le jury réunissait la Pr Jacqueline Randon (gouvernance institutionnelle, Finlande), le Lecteur Ibrahim Souley, chef du département Mines et environnement à l'EMIG du Niger, le Lecteur Dr Oumarou Moussa de l'Université de Niamey, ainsi que le Lecteur Dr Daouda Amadou Moussa de l'Université Internationale Bakaye de Niamey. La direction scientifique était assurée par le Pr Tchalïm Tom-Irazou, de l'Université de Kara au Togo. Les évaluateurs ont apprécié la fluidité de la présentation et qualifié les recommandations de « très pertinentes, réalistes et réalisables ».

Vers une mise en œuvre au profit du Burkina Faso

Le nouveau docteur a annoncé son intention de poursuivre ses recherches sur la gouvernance du secteur extractif et de travailler à l'application concrète de ses recommandations. L'enjeu dépasse désormais le cadre académique : il s'agit de savoir si ces propositions sur la captation, l'allocation et le contrôle de la rente minière pourront effectivement influencer les politiques publiques burkinabè dans un contexte de tension accrue sur les ressources sahéliennes. La portée opérationnelle des travaux reste l'élément à suivre dans les prochains mois.

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