Burkina Faso : Traoré critique la formation en charia à l'étranger et menace de rapatrier les étudia

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 36 lectures
Burkina Faso : Traoré critique la formation en charia à l'étranger et menace de rapatrier les étudia

Le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition au Burkina Faso, a récemment relancé un débat sensible en s’attaquant publiquement à la formation religieuse dispensée par plusieurs pays arabes à des jeunes Burkinabè. Selon ses déclarations, environ un millier d’étudiants burkinabè seraient actuellement inscrits dans des universités saoudiennes, principalement dans des filières consacrées à la charia et au droit musulman. Le chef de l’État burkinabè s’interroge sur l’absence d’enseignement professionnel dans ces cursus et sur l’objectif final de cette formation, laissant entendre que ces diplômés pourraient être amenés à appliquer le droit islamique dans leur pays d’origine.

Un contexte historique et des accusations lourdes

Ibrahim Traoré a également replacé cette question dans une perspective historique, évoquant l’esclavage imposé par le monde arabo-musulman en Afrique pendant près d’un millénaire. Cette sortie s’inscrit dans une période où les autorités burkinabè multiplient les prises de position sur les questions religieuses et identitaires. Elle intervient peu après l’arrestation de l’imam sunnite Mohamed Issaque Kindo, interpellé à son domicile pour avoir critiqué un projet de loi restreignant les prières dans les lieux publics. Ces événements illustrent une volonté affichée de l’État de contrôler davantage l’influence des courants religieux dans l’espace public.

Face à cette situation, le président burkinabè a annoncé son intention de rapatrier les étudiants burkinabè inscrits en charia dans les universités arabes. Il a même évoqué la possibilité de leur retirer la nationalité burkinabè en cas de refus de retour, une mesure qui souligne la fermeté de sa position. Cette décision s’ajoute à une série de mesures restrictives prises ces derniers mois contre certaines pratiques religieuses, reflétant une politique de recentrage sur les valeurs nationales.

Un rapprochement avec Israël dans un contexte régional tendu

Cette déclaration intervient dans un contexte diplomatique marqué par un rapprochement entre le Burkina Faso et Israël. Fin juin, le président burkinabè a reçu l’ambassadeur israélien Simon Seroussi, accrédité pour plusieurs pays de la sous-région, lors d’une cérémonie officielle visant à renforcer la coopération bilatérale. Cet événement s’inscrit dans une stratégie plus large d’Israël, qui cherche à étendre son influence au Sahel, notamment au Mali voisin. Les accords signés portent sur des domaines variés, incluant l’économie, la science, la technique et la culture, bien que les détails concrets de cette coopération restent peu divulgués.

La question de la formation religieuse à l’étranger et de son impact sur les sociétés africaines suscite des débats récurrents sur le continent. Certains gouvernements y voient une menace pour la cohésion nationale, tandis que d’autres défendent la liberté académique et religieuse. Au Burkina Faso, cette problématique prend une dimension politique, alors que les autorités tentent de concilier souveraineté nationale et relations internationales dans un environnement régional marqué par des tensions sécuritaires et des changements de régime.

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