Le projet Land-At-Scale, une initiative de trois ans dédiée à la gouvernance foncière au Burkina Faso, a officiellement achevé ses activités à Bobo-Dioulasso. Ce programme, soutenu par les Pays-Bas et piloté par un consortium incluant Nitidæ, Oxfam et l'Observatoire national du foncier, visait à transformer l'accès à la terre en un levier de stabilité sociale et de productivité agricole.
Un bilan opérationnel axé sur la sécurisation des droits
L'intervention a permis de formaliser l'accès à la terre pour plus de 5 000 personnes, avec la délivrance de 1 343 documents de sécurisation foncière, dont une majorité d'Attestations de possession foncière rurale (APFR) destinées aux femmes et aux jeunes. L'utilisation de l'outil numérique MAST a facilité l'enregistrement de 4 232 hectares dans dix communes. Au-delà de la documentation, le projet a doté les services fonciers locaux des équipements et des compétences techniques nécessaires pour assurer, de manière autonome, les levées de terrain et la gestion des dossiers.
Prévention des conflits et gouvernance locale
La gestion des tensions foncières a constitué un axe majeur de l'action, avec la mise en place de 186 Commissions foncières villageoises et autant de Commissions de conciliation. Ces structures ont permis de traiter 305 litiges, contribuant ainsi à apaiser le climat social dans les zones d'intervention. Parallèlement, la création de Cellules d'interpellation citoyenne a renforcé le suivi de la gouvernance locale, permettant une meilleure reddition de comptes de la part des autorités communales.
Valorisation économique et inclusion des vulnérables
Le projet a également favorisé l'essor de 30 sociétés coopératives aux normes OHADA, soutenant directement 1 354 membres. Cette structuration a permis à 850 petits producteurs d'améliorer leur productivité grâce à un accès sécurisé aux terres et à un appui en intrants. Les campagnes de sensibilisation, touchant environ 360 000 personnes, ont joué un rôle crucial dans le plaidoyer pour l'inclusion des femmes, des jeunes et des personnes déplacées internes dans le partage des ressources foncières.
L'enjeu de la pérennisation des acquis
Pour les partenaires néerlandais et les acteurs locaux, le défi réside désormais dans la durabilité des mécanismes mis en place. L'ambition est de faire en sorte que les compétences acquises par les communes et les structures de conciliation perdurent au-delà du financement initial. La capitalisation des expériences, consignée dans vingt notes techniques, servira de base pour poursuivre les efforts de sécurisation, considérés comme le socle indispensable à l'autosuffisance alimentaire et à la résilience des populations rurales burkinabè.