Le programme Pro-ARIDES (Programme agroalimentaire pour la résilience intégrée et le développement économique du Sahel) a entamé une étape charnière de son déploiement au Burkina Faso. Lors de la session de son comité consultatif tenue à Ouagadougou, les parties prenantes ont acté le passage vers une seconde phase axée sur la pérennisation des acquis et l'autonomisation des acteurs locaux.
Un bilan opérationnel significatif
Entre 2021 et 2025, la première phase du programme, financée par les Pays-Bas et le Danemark, a permis d'atteindre des résultats concrets sur le terrain. Plus de 60 000 hectares de terres dégradées ont été récupérés, tandis que 50 000 ménages agricoles ont bénéficié d'un accompagnement technique et matériel. Le volet économique a également été soutenu avec l'appui à plus de 400 petites et moyennes entreprises et l'installation de 250 jeunes et femmes dans divers corps de métiers. Sur le plan foncier, le programme a facilité l'obtention de 21 titres fonciers et la délivrance de plus de 150 attestations de possession foncière rurale (APFR).
Vers une autonomisation des acteurs locaux
Pour la période débutée en janvier 2026, l'enjeu est de transformer ces initiatives ponctuelles en systèmes durables. La direction du programme insiste désormais sur la mise à l'échelle des modèles ayant fait leurs preuves. L'objectif est de renforcer le leadership des collectivités territoriales et des organisations de producteurs afin qu'ils puissent poursuivre les activités de manière autonome après la fin du programme, prévue pour 2030. Cette stratégie d'appropriation locale est jugée indispensable pour garantir la résilience des populations face aux défis climatiques et économiques.
Alignement avec les priorités nationales
Les interventions du Pro-ARIDES s'inscrivent en cohérence avec l'offensive agro-sylvo-pastorale lancée par le gouvernement burkinabè en 2023. Les autorités nationales, représentées lors de la session par le ministère de l'Agriculture, de l'eau et des ressources animales et halieutiques, soulignent l'importance de cette synergie pour atteindre la souveraineté alimentaire. Le comité consultatif sert désormais de cadre de dialogue stratégique pour ajuster les interventions aux réalités du terrain et assurer une meilleure complémentarité avec les politiques publiques nationales, avec une attention particulière portée sur les objectifs fixés pour l'année 2027.