Le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a ordonné le renvoi au 18 septembre 2026 du procès impliquant l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Wendkouni Joël Lionel Bilgo, et Vincent de Paul Kaboré, directeur technique de la Société immobilière Traoré et Frères (SITRAF). Cette décision fait suite à la demande du ministère public, qui souhaite approfondir les investigations en raison de l'afflux continu de nouvelles plaintes liées aux activités foncières de la société.
Des poursuites pour promotion immobilière irrégulière
L'affaire, qui a conduit au placement en détention des deux hommes le 28 août 2026, porte sur des activités de vente et de publicité de parcelles nues sans autorisation légale. Les enquêteurs ont identifié trois sites totalisant plus de 200 hectares, situés à Léguéma et Lôgôfourousso. Si la SITRAF disposait d'un agrément pour la construction de cités, les investigations ont révélé que la société ne possédait aucune habilitation pour procéder au morcellement et à la commercialisation de terrains nus, une pratique strictement encadrée par la législation burkinabè.
Le maintien en détention contesté par la défense
Lors de l'audience, les avocats des prévenus ont plaidé pour une mise en liberté provisoire, invoquant l'état de santé fragile de leurs clients et leur statut d'entrepreneurs. Ils ont souligné la volonté des accusés de coopérer avec la justice, ces derniers ayant affirmé s'être présentés volontairement aux autorités. Wendkouni Joël Lionel Bilgo a réitéré à la barre son souhait que la lumière soit faite sur ce dossier, tout en exprimant son ressenti face à l'incarcération.
Les arguments du parquet face aux risques de procédure
Le ministère public s'est fermement opposé à toute remise en liberté, mettant en avant le risque de subornation de témoins et l'absence de garanties suffisantes de représentation. Le procureur a également rappelé que l'infirmerie de la Maison d'Arrêt et de Correction de Bobo-Dioulasso est en mesure de prendre en charge la santé des prévenus. Le tribunal a suivi ces réquisitions, rejetant la demande de liberté provisoire dans l'attente du complément d'enquête.
Un enjeu de régulation foncière
Ce dossier met en lumière les risques juridiques encourus par les acteurs de la promotion immobilière en cas de non-respect des procédures d'aménagement. Les infractions reprochées, incluant l'exercice illégal de la promotion foncière, sont passibles de peines allant jusqu'à dix ans d'emprisonnement et d'amendes financières lourdes, proportionnelles aux surfaces aménagées et aux ventes réalisées. Le parquet a profité de cette étape judiciaire pour appeler la population à une vigilance accrue concernant les transactions foncières.