Le président Ibrahim Traoré a présidé le Conseil des ministres du jeudi, au cours duquel un décret a été adopté pour créer une Inspection générale des ressources humaines (IGRH). Cette nouvelle structure, placée sous la tutelle du ministère des Serviteurs du Peuple, s’inscrit dans la volonté affichée de transformer profondément l’administration publique burkinabè, conformément aux principes de la Révolution progressiste populaire.
Un dispositif transversal pour contrôler le personnel de l’État
Le ministre Mathias Traoré a présenté l’IGRH comme une entité transversale capable d’auditer l’ensemble des effectifs de la fonction publique, y compris ceux détachés dans d’autres institutions. Son mandat comprend la vérification de la présence physique des agents, le suivi de leur affectation et l’analyse des rémunérations afin d’optimiser la gestion des effectifs et de contenir la masse salariale.
Le constat de la Commission de régulation des dysfonctionnements
Selon le rapport de la Commission de régulation des dysfonctionnements (CRD) prévu pour 2025, plusieurs dysfonctionnements persistent dans l’administration, notamment des lacunes que les conseils de discipline existants ne couvrent pas. Le rapport souligne également que le personnel de l’État est souvent mobilisé au profit d’autres structures, ce qui complique le suivi et la maîtrise des coûts liés aux effectifs.
Objectifs concrets de l’Inspection générale
L’IGRH devra établir un inventaire précis du nombre d’agents, contrôler l’usage qui est fait de chaque poste et analyser la composition des rémunérations. En centralisant ces informations, le gouvernement espère réduire les doublons, éliminer les postes superflus et garantir une meilleure transparence budgétaire. Le contrôle de la masse salariale constitue ainsi un levier majeur pour améliorer l’efficacité du service public.
Enjeux pour la gouvernance et la population
En renforçant la capacité de suivi des ressources humaines, le dispositif vise à répondre aux aspirations du peuple burkinabè en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Une administration plus rationalisée devrait également libérer des ressources financières pour d’autres priorités de développement, tout en renforçant la confiance des citoyens dans les institutions publiques.