Burkina Faso : le capitaine Traoré revendique une reconquête territoriale au-delà des chiffres officiels

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 18 lectures
Burkina Faso : le capitaine Traoré revendique une reconquête territoriale au-delà des chiffres officiels

Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, dresse un bilan offensif de la lutte antiterroriste, assurant que les forces armées ont dépassé les pourcentages officiels de reconquête. Il cite la réouverture de corridors routiers stratégiques et la reprise de localités tenues par les groupes armés depuis 2017, tout en conditionnant le retour des populations à la sécurisation totale des zones libérées.

Un bilan militaire présenté comme supérieur aux statistiques officielles

S'exprimant sur l'évolution du conflit, le chef suprême des Armées relativise les données chiffrées communiquées par son ministre de la Défense, qui évoquait récemment 74,53 % du territoire reconquis. Selon le capitaine Traoré, la réalité opérationnelle sur le terrain place l'armée « bien au-delà de ces pourcentages ». Il affirme que des positions abandonnées depuis 2017 ou 2018, aux confins des limites territoriales, ont été reprises par les unités engagées. Cette appréciation présidentielle vise à souligner une dynamique de fond plutôt qu'une simple comptabilité administrative.

La réouverture des grands axes routiers comme preuve tangible

Pour étayer son propos, le président énumère la libération des principaux corridors de circulation qui étaient sous blocus ou menace directe. La route nationale 1 (Ouagadougou-Bobo-Dioulasso), via Houndé, Pâ et Koumbia, est de nouveau praticable, tout comme les axes Koudougou-Dédougou, Bobo-Dioulasso-Dédougou et Ouagadougou-Ouahigouya. Il rappelle qu'en 2022, les groupes armés étaient « presqu'à Ouagadougou » et que l'ensemble de ces artères vitales était coupé, isolant la capitale et les grandes villes de l'Ouest et du Nord. La libre circulation actuelle est présentée comme l'indicateur le plus concret du recul de l'emprise terroriste.

Le retour des populations conditionné à la fin de la saison des pluies

Malgré la reprise militaire de zones lointaines, le chef de l'État explique que les autorités ont délibérément retardé le retour des déplacés internes. Les populations sont maintenues « à l'arrière » pour des raisons de sécurité, le temps de finaliser le dispositif de protection et d'attendre la fin de la saison des pluies. Un « grand travail » de réinstallation et de retour de l'administration est programmé pour la période post-hivernage, afin d'éviter d'exposer les civils à d'éventuelles représailles ou à l'insécurité résiduelle dans des zones tout juste stabilisées.

Une « portion difficile » restante à traiter avant la fin annoncée

Le capitaine Traoré reconnaît toutefois l'existence d'un reliquat de territoire qualifié de « portion difficile » où la résistance ennemie persiste. Il assure que l'état-major prépare l'offensive pour « aborder » cette ultime poche et prédit qu'il s'agira bientôt « d'une affaire de passé ». Cette réserve introduit une nuance majeure : si la tendance est décrite comme irréversible sur les axes et les centres urbains, la pacification totale des zones frontalières et forestières reste un chantier militaire actif, dont l'issue conditionnera la tenue du discours présidentiel sur le long terme.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.