L'Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) du Burkina Faso a intensifié ses mesures disciplinaires en 2025, sanctionnant 156 entreprises par des suspensions d'un à deux ans. Ce bilan, présenté par l'institution, souligne une volonté accrue d'assainir les procédures de passation des marchés publics face à des défaillances persistantes dans l'exécution des contrats.
Un cadre disciplinaire renforcé
L'année 2025 a été marquée par une activité intense de l'organe de régulation, qui a traité 1 149 recours, soit une hausse de 16 % par rapport à l'exercice précédent. Au-delà des 156 entreprises suspendues, 46 autres ont fait l'objet de sanctions financières. Ces mesures s'inscrivent dans une stratégie globale visant à moraliser la gestion des ressources publiques. L'ARCOP a également mis en place un vivier d'auditeurs spécialisés et élabore actuellement une stratégie spécifique pour contrer la fraude et la corruption, des enjeux majeurs pour la crédibilité du système national.
Évolution contrastée des marchés publics
Les données économiques révèlent une dynamique paradoxale : si le nombre de contrats conclus par les 35 structures centrales de l'État a progressé de 18 % pour atteindre 5 316 unités, leur valeur financière globale a reculé de 7 %, s'établissant à environ 574,7 milliards de FCFA. Cette tendance illustre la complexité de la commande publique, qui représente traditionnellement près d'un tiers des dépenses publiques nationales. Le régulateur insiste sur la nécessité de concilier cette augmentation du volume d'activités avec une exigence de qualité et d'efficacité accrue.
Réformes juridiques et enjeux de célérité
L'institution poursuit l'opérationnalisation de la loi du 20 avril 2024, qui refonde le cadre réglementaire de la commande publique. Ce travail législatif s'accompagne d'un effort de formation, avec 1 520 acteurs du secteur formés en 2025. Parallèlement, le gouvernement a appelé à une vigilance particulière concernant les recours abusifs. Si le droit de contester les décisions est maintenu, l'objectif est désormais d'éviter que ces procédures ne deviennent des instruments de blocage ralentissant indûment les projets de développement essentiels pour le pays.