Avec un taux de mise en œuvre de 54,64 % au 30 juin 2026, le ministère burkinabè de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques affiche des résultats contrastés dans l’exécution de son contrat d’objectifs. Si certains sous-secteurs affichent des avancées notables, d’autres peinent à décoller, révélant les fragilités structurelles d’un secteur clé pour la souveraineté alimentaire.
Un bilan en demi-teinte, entre succès sectoriels et retards persistants
Sur les dix objectifs assignés au ministère, trois dépassent les 70 % de réalisation, cinq s’établissent autour de 50 %, tandis que deux restent à un niveau proche de 30 %. Cette disparité s’explique en partie par le calendrier des activités, certaines étant liées à des périodes spécifiques de l’année ou à la préparation des campagnes agricoles. Les performances les plus remarquables concernent la couverture des besoins céréaliers, la production de poisson et de viande, où les taux avoisinent 70 %. En revanche, la filière avicole, confrontée à des difficultés structurelles, affiche un taux de mise en œuvre d’environ 30 %, malgré les orientations stratégiques récentes.
Le soutien aux populations vulnérables, notamment à travers l’accès aux facteurs de production, affiche également un taux de réalisation de 50 %, en phase avec le démarrage de la campagne agricole. Ces résultats reflètent à la fois les efforts déployés et les contraintes opérationnelles, notamment en matière de logistique et de coordination entre les acteurs publics.
Des leviers d’action pour le second semestre
Face à ces écarts, le ministre a souligné l’importance des orientations données par le Premier ministre pour intensifier les actions dans les secteurs en difficulté, comme l’aviculture. Les mesures de régulation des échanges céréaliers, suspendues ou levées en fonction des stocks nationaux, visent quant à elles à concilier préservation du pouvoir d’achat et soutien aux unités de transformation locales. Cette approche, déjà appliquée en 2025, a permis une mutualisation partielle des moyens entre l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles et l’Agence Faso Mêbo, jugée satisfaisante par les autorités.
Ces ajustements s’inscrivent dans une logique de résilience du secteur agricole, pilier de l’économie burkinabè. Alors que le second semestre 2026 s’annonce décisif, les défis restent nombreux : améliorer la productivité des filières en difficulté, renforcer l’accès aux intrants pour les petits producteurs et stabiliser les chaînes d’approvisionnement. La capacité du gouvernement à mobiliser les ressources et à coordonner les acteurs déterminera l’atteinte des objectifs restants, cruciaux pour la sécurité alimentaire du pays.