La région des Koulsé a officiellement lancé, ce vendredi 25 septembre 2026 à Kaya, un atelier de vulgarisation de la loi n°015-2025/ALT portant Réorganisation agraire et foncière (RAF). Cette initiative vise à transformer un texte législatif technique en un outil de gestion partagé, essentiel pour la sécurisation des terres et la stabilité sociale dans les territoires.
Un levier pour la paix sociale et le développement
Pour Bernadette Sermé, gouverneure par intérim de la région, la terre constitue le socle indispensable de toute infrastructure publique, qu'il s'agisse d'écoles, de centres de santé ou de périmètres agricoles. Toutefois, l'absence de clarté dans les procédures d'accès et de gestion foncière demeure un facteur de tension majeur. En clarifiant les règles, cette réforme aspire à réduire les litiges qui saturent les juridictions et sollicitent inutilement les autorités coutumières, détournant ainsi les ressources locales de leurs objectifs de développement.
Démocratiser l'accès à la loi foncière
Adoptée en octobre 2025 par l'Assemblée législative de transition, la loi sur la RAF définit désormais les conditions d'accès et les procédures de gestion du domaine foncier national. L'enjeu de l'atelier de Kaya est de faire sortir ce texte du cadre purement administratif pour le rendre accessible aux collectivités territoriales, aux services techniques et aux populations. Comme l'a souligné la gouverneure, « une loi ignorée ne protège personne » ; l'appropriation citoyenne est donc présentée comme la condition sine qua non de son efficacité sur le terrain.
Une stratégie nationale de déploiement
Cette session de sensibilisation s'inscrit dans un plan d'actions et de communication national couvrant la période 2025-2027. Le Burkina Faso déploie actuellement des ateliers similaires dans cinq régions du pays, sous l'égide du ministère de l'Économie et des finances et de la Direction générale du développement territorial. Cette démarche coordonnée cherche à harmoniser la compréhension des nouvelles dispositions légales, en intégrant des impératifs de protection environnementale et d'efficacité économique, afin de garantir une gestion plus transparente et apaisée de l'espace national.