Le gouvernement burkinabè a officiellement lancé la brigade Yiri Demé, une unité spécialisée dédiée à la pérennisation des campagnes de reboisement le long de la voie de contournement de Ouagadougou. Ce dispositif, qui combine enjeux écologiques et impératifs sécuritaires, vise à sanctuariser un corridor stratégique de 125 kilomètres.
Une stratégie de suivi pour garantir la survie des plantations
Depuis 2024, l'État burkinabè a entrepris de verdir cet axe majeur en plantant six espèces locales, dont le Khaya senegalensis et l'Adansonia digitata, sélectionnées pour leur résilience. Avec 75 % des objectifs déjà atteints, le défi majeur réside désormais dans la maintenance. Le directeur général des Eaux et Forêts, Barnabé Kaboré, souligne que l'absence de suivi expose les jeunes plants aux aléas climatiques et aux dégradations humaines. La brigade Yiri Demé, dont le nom signifie « aider l'arbre » en dioula, a été créée pour pallier ces risques par un entretien permanent.
Un maillage territorial au service de la sécurité intérieure
Au-delà de la dimension environnementale, le projet intègre une composante sécuritaire explicite. La présence continue des agents sur les 125 kilomètres de la rocade permet d'établir des postes d'observation et de surveillance fixes. En complémentarité avec les forces de sécurité intérieure, cette unité spécialisée est chargée d'une veille active, transformant ainsi le corridor en un espace mieux contrôlé. Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a insisté sur le fait que cette vigilance accrue constitue un levier supplémentaire pour la stabilité de la capitale et de ses environs.
Moyens techniques et responsabilité citoyenne
Pour mener à bien ses missions, la brigade a été dotée d'équipements logistiques conséquents, incluant des forages dédiés à l'arrosage, des tricycles-citernes, des véhicules et des motos. Si l'État investit dans ces infrastructures, le succès du projet repose également sur l'implication des riverains. Le gouvernement a lancé un appel à la mobilisation citoyenne pour protéger le patrimoine vert. Toutefois, le ministre de la Sécurité a prévenu que des mesures coercitives pourraient être appliquées si les dégradations volontaires persistaient, marquant ainsi la volonté des autorités de faire respecter la pérennité de ces aménagements publics.