Alors que le gouvernement burkinabè intensifie ses efforts pour soutenir l'activité économique et promouvoir le patriotisme auprès des citoyens, un nombre croissant d'entrepreneurs dénoncent la lenteur, voire le blocage injustifié, du traitement de leurs factures par certaines administrations publiques. Ces retards ont des répercussions concrètes : entreprises fragilisées, emplois menacés et familles peinant à joindre les deux bouts. Le secteur privé appelle à ce que chacun assume ses responsabilités.
Processus administratif bloqué et répétition des démarches
Des fournisseurs qui ont soumis toutes les pièces requises en 2024 attendent encore leur règlement plusieurs années plus tard. Au lieu d'un paiement, ils reçoivent des demandes de refonte de factures avec de nouvelles dates, parfois repoussées à 2026 au motif que le budget de l'année précédente est clôturé. Cette pratique oblige les entrepreneurs à multiplier les déplacements, les appels et les relances, gaspillant du temps et de l'argent au détriment de leur activité.
Le parcours du fournisseur est décrit comme un labyrinthe : après avoir rempli ses obligations contractuelles et fourni toutes les attestations fiscales et administratives, l'entrepreneur doit relancer, se déplacer, attendre, puis recommencer. Certaines demandes exigent des documents déjà produits, créant une charge administrative supplémentaire pour les petites et moyennes entreprises.
Impact sur la trésorerie, l'emploi et l'économie nationale
Les factures impayées dégradent la trésorerie des entreprises, compromettant leur capacité à honorer leurs propres engagements, notamment le paiement régulier des salaires et des cotisations sociales. En l'absence de liquidités, certaines sociétés peinent à verser les salaires, accumulent des dettes, réduisent leurs activités ou placent leurs employés en congé technique, et d'autres finissent par fermer leurs portes. Lorsque les entreprises s'essoufflent, ce sont des familles entières qui en paient le prix, la consommation privée peut s'affaisser et le PIB se replier.
Le cercle vicieux s'aggrave : pour obtenir des documents attestant de leur régularité fiscale, les entreprises doivent d'abord être payées par l'administration. Les retards de paiement les empêchent donc de renouveler les pièces nécessaires à la poursuite de leurs activités, limitant leur capacité à répondre à de nouveaux marchés.
Appel à une réforme systémique et à une meilleure traçabilité
Le texte plaide pour un examen du circuit de traitement et de paiement des factures des fournisseurs de l'État. Les responsables des institutions publiques sont invités à identifier les dossiers en souffrance, à comprendre les causes des retards et à établir les responsabilités lorsque des retards sont constatés. La mise en place d'un mécanisme de suivi permettrait aux fournisseurs de connaître l'état d'avancement de leurs factures, le service en charge du dossier et d'être informés des éventuels blocages, réduisant ainsi les déplacements inutiles et les incompréhensions.
Il est également recommandé d'éviter que les entreprises soient contraintes de refaire indéfiniment les mêmes démarches pour des prestations déjà exécutées, sans visibilité sur la date de règlement. Toute demande de modification d'une facture devrait respecter les règles comptables et fiscales applicables, sans exposer le fournisseur à des pratiques irrégulières. L'objectif n'est pas d'opposer agents et entrepreneurs, mais de rappeler que le bon fonctionnement de l'administration et la santé du secteur privé sont étroitement liés pour l'effort national de création d'emplois et de recettes fiscales.