À huit mois de la présidentielle, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a mis en garde, mardi, contre les conséquences internationales d'une censure du gouvernement sur le budget 2027. Selon lui, l'absence de loi de finances affaiblirait la parole de la France et la solidité de ses engagements auprès de ses partenaires.
Un avertissement sur la crédibilité extérieure du pays
Lors de sa conférence de presse de rentrée, Jean-Noël Barrot a lié directement la solidité budgétaire à la capacité d'influence de la France sur la scène mondiale. « Un pays qui ne parvient pas à se doter d'un budget est un pays qui s'affaiblit », a-t-il déclaré, estimant que la censure du gouvernement aurait des répercussions au-delà des frontières nationales. Le chef de la diplomatie française a insisté : « C'est aussi et surtout notre crédibilité internationale qui serait alors atteinte », appelant le Parlement à « prendre ses responsabilités ».
Des partenaires qui « douteraient de la solidité de nos engagements »
Le ministre a détaillé les conséquences concrètes qu'il redoute dans les négociations bilatérales et multilatérales. « Dans toutes les enceintes où nous négocions, nos partenaires douteraient de la solidité de nos engagements et de la pérennité de nos contributions. Sans budget, c'est la parole de la France qui perdrait de sa force, de son poids », a-t-il prévenu. Il a ajouté : « Nous ne pouvons pas nous offrir le luxe d'ajouter aux désordres extérieurs des désordres intérieurs », inscrisant la séquence budgétaire dans un contexte international déjà instable.
Un budget 2027 présenté fin septembre sous menace de censure
Le gouvernement de Sébastien Lecornu doit présenter fin septembre son projet de budget 2027, dans un climat de tension sur les marchés financiers. Trois formations de poids ont déjà laissé entendre qu'elles pourraient voter la censure. Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle pour La France Insoumise, a annoncé que son parti censurerait un texte « qui va aggraver tous les maux » de l'économie française. Le socialiste Olivier Faure, également candidat, a laissé planer la même menace, tandis que Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a affirmé que son mouvement n'excluait « rien par principe ». Le calendrier politique, à moins d'un an de l'élection présidentielle, laisse ainsi la rentrée parlementaire sous haute incertitude, avec un enjeu de crédibilité financière et diplomatique clairement posé par l'exécutif.