Le projet de loi de finances 2027 prévoit une baisse de 1,2 milliard de FCFA pour l’Assemblée nationale, alors que les crédits de la Présidence de la République augmentent de 19,3 milliards. Cette divergence budgétaire intervient dans un contexte de tensions entre le président de l’Assemblée, Ousmane Sonko, et le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, et alimente les débats sur l’équilibre des pouvoirs à Dakar.
Réduction de 5,4 % du budget parlementaire
Selon le texte initial du budget, l’enveloppe allouée à l’Assemblée nationale passe de 22,3 milliards de FCFA en 2026 à 21,1 milliards en 2027, soit une diminution de 1,2 milliard, équivalente à une baisse d’environ 5,4 %. Cette contraction concerne les dépenses de fonctionnement et les programmes parlementaires, sans précision d’allocation sectorielle. La Primature, quant à elle, voit son budget augmenter de 1,4 milliard pour atteindre 32,3 milliards de FCFA.
Hausse de près de 10 % des crédits présidentiels
Le même projet de loi indique que les crédits globaux de la Présidence de la République s’élèvent à 223,8 milliards de FCFA en 2027, contre 204,5 milliards en 2026, soit une hausse de 19,3 milliards, soit près de 9,5 %. Une part importante de cette progression provient du Fonds intergénérationnel, dont le financement passe de 7,6 milliards à 39,7 milliards de FCFA. Cette augmentation ne reflète pas uniquement les dépenses de fonctionnement, mais aussi des programmes d’investissement à long terme.
Arbitrages budgétaires ou jeu politique ?
Le gouvernement justifie ces ajustements par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques : le budget 2027 prévoit 6 012,1 milliards de FCFA de recettes contre 7 363,7 milliards de dépenses, imposant une discipline stricte. Néanmoins, la coïncidence temporelle entre la réduction du budget parlementaire et les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko alimente les spéculations. Aucun communiqué officiel n’établit un lien direct entre la baisse et les relations personnelles des deux dirigeants, mais les observateurs politiques soulignent que l’arbitrage pourrait être perçu comme un signal de déséquilibre institutionnel.
Implications pour les rapports de force à Dakar
Si la diminution du financement de l’Assemblée nationale est présentée comme une mesure d’austérité, elle pourrait également réduire la capacité opérationnelle du parlement, affectant la préparation législative et le suivi des projets de loi. En parallèle, le renforcement du budget présidentiel, notamment via le Fonds intergénérationnel, consolide les moyens d’action de l’exécutif. Le débat qui s’ouvrira lors de l’examen parlementaire du projet de loi de finances sera déterminant pour savoir si ces arbitrages sont purement techniques ou s’ils traduisent une volonté de rééquilibrer les rapports de pouvoir au sein de l’État sénégalais.