À huit mois de l'élection présidentielle française, l'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire a publié un « Manifeste pour une autre France ». Bien qu'il affirme ne pas être candidat, ce texte détaille une vision programmatique visant à peser sur le débat national face aux propositions de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen.
Un projet axé sur l'autorité et la souveraineté
Le manifeste de Bruno Le Maire s'articule autour de trois piliers fondamentaux : le rétablissement de l'autorité de l'État, la garantie de la prospérité par le travail et la production, et la défense de l'indépendance européenne. Face aux puissances chinoise et américaine, l'ancien ministre préconise une restructuration de l'Union européenne vers une « fédération d'États-nations à six ». Il rejette explicitement les modèles portés par ses opposants, qualifiant la vision de Jean-Luc Mélenchon de « communautarisée » et celle de Marine Le Pen de « petite France ».
Réformes structurelles et assainissement financier
La question de la dette publique constitue le cœur de son argumentaire. Bruno Le Maire alerte sur le risque d'une crise financière majeure, comparant la situation actuelle à celle de la Grèce, et fustige les propositions d'annulation de dette qu'il juge ruineuses. Pour redresser les comptes, il propose des mesures radicales : le report de l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans, l'introduction d'une part de capitalisation, la désindexation des pensions et des aides sociales, ainsi qu'une révision des prestations destinées aux étrangers en situation irrégulière.
Une volonté d'infléchir le débat électoral
Au-delà de la rigueur budgétaire, le manifeste propose des mesures sociales et administratives, telles qu'une augmentation du SMIC et une simplification de l'organisation territoriale, limitée à trois échelons : l'État, les régions et le bloc communal. L'ancien locataire de Bercy prône également un recours accru aux référendums. S'il se tient en retrait de la course à l'Élysée, Bruno Le Maire exprime un scepticisme marqué envers les figures politiques actuelles, estimant qu'aucun leader doté d'une vision claire ne s'est encore imposé pour 2027.
Le financement des services publics par le mécénat
Parmi les propositions notables, le texte suggère un dispositif de contribution volontaire des grandes fortunes, inspiré par le modèle de financement utilisé pour la rénovation de Notre-Dame de Paris. L'objectif affiché est de permettre un investissement direct dans la modernisation des hôpitaux publics et des universités, illustrant une volonté de repenser le financement des services essentiels en dehors des circuits budgétaires classiques.