Face à la dérive des comptes publics, l'ancien ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire, a formulé des propositions de redressement budgétaire. Il préconise une mise à contribution des très grandes fortunes tout en suggérant des mesures d'austérité structurelles pour éviter une impasse financière à l'horizon 2027.
Une contribution ciblée pour le financement des services publics
Bruno Le Maire a exprimé son soutien à une taxation accrue des patrimoines les plus élevés. Selon lui, ces recettes exceptionnelles devraient être prioritairement orientées vers le financement des services d'urgence hospitaliers et des universités. L'ancien locataire de Bercy insiste sur le fait que cette mesure vise à restaurer la confiance nationale dans la gestion des finances, tout en se distanciant d'une logique de taxation généralisée, notamment sur les héritages, qu'il juge déjà trop lourds pour les classes moyennes.
La désindexation comme levier de rigueur budgétaire
Pour freiner la progression du déficit, Bruno Le Maire propose de rompre avec l'indexation automatique sur l'inflation de plusieurs postes de dépenses. Cette mesure concernerait les pensions de retraite — à l'exception des plus modestes —, les minima sociaux ainsi que le barème de l'impôt sur le revenu. En figeant ces paramètres, l'État réaliserait des économies immédiates, bien que cette stratégie implique une baisse du pouvoir d'achat réel pour les ménages concernés, dont les revenus ne suivraient plus la hausse des prix.
Réformes structurelles et encadrement des dépenses
Au-delà des mesures fiscales, l'ancien ministre plaide pour une transformation profonde des mécanismes budgétaires. Il suggère l'inscription d'une « règle d'or » constitutionnelle imposant l'équilibre des comptes publics. Pour renforcer la discipline gouvernementale, il propose d'accorder au ministre des Finances un droit de veto sur les dépenses des autres portefeuilles ministériels. Enfin, il préconise une limitation du droit d'amendement parlementaire, identifié comme un vecteur récurrent de nouvelles dépenses publiques, afin de garantir une meilleure maîtrise de la trajectoire financière de l'État.