Brésil, deuxième exportateur de viande bovine vers l’UE, dénonce la suspension des importations pour manque de garanties sanitaires

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 37 lectures
Brésil, deuxième exportateur de viande bovine vers l’UE, dénonce la suspension des importations pour manque de garanties sanitaires

Le Brésil, deuxième exportateur de viande bovine vers l’Union européenne en 2025, a exprimé une profonde préoccupation après que la Commission européenne a suspendu les importations de ses produits carnés, invoquant l’absence de garanties suffisantes sur l’usage des antibiotiques dans l’élevage.

Suspension des importations de viande, volaille, œufs et miel

À compter du 1er jour de la décision, l’UE a bloqué l’entrée sur son marché de la viande de bœuf, de la volaille, ainsi que des œufs et du miel en provenance du Brésil. La Commission européenne justifie cette mesure par le non‑respect, selon elle, des normes sanitaires européennes, notamment la lutte contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans les élevages. Cette suspension intervient peu après la signature, en janvier 2026, d’un accord de libre‑échange entre l’UE et le Mercosur, qui regroupe le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay.

Réaction brésilienne et exigences de garanties scientifiques

Les ministères brésiliens des Affaires étrangères et de l’Agriculture ont réagi avec fermeté, déclarant que le dialogue technique en cours devait aboutir à une solution « rapide, objective, transparente et fondée sur des critères scientifiques ». Le gouvernement brésilien insiste sur le fait que ses exportations respectent les normes communautaires et rappelle les 92 000 tonnes de produits bovins exportés en 2025, soit plus de 713 millions d’euros. Il a fourni à l’UE les informations jugées pertinentes et affirme avoir mis en place les mesures nécessaires pour garantir la conformité de ses produits.

Enjeux économiques et risques de mesures de réciprocité

La suspension menace un segment clé du commerce agricole brésilien avec l’Europe, alors que le pays figure parmi les principaux fournisseurs de protéines animales du marché européen. Les autorités de Brasilia ont averti que, si les négociations n’aboutissent pas rapidement, le Brésil se réserverait le droit d’activer les mécanismes de réciprocité prévus dans la législation nationale et dans l’accord UE‑Mercosur, pouvant entraîner des restrictions similaires sur les produits européens. Cette posture vise à préserver un équilibre commercial et à éviter que des exigences perçues comme protectionnistes ne pénalisent les exportateurs brésiliens.

Contexte de l’accord UE‑Mercosur et pressions sectorielles

L’accord de libre‑échange signé en janvier 2026 a suscité des critiques, notamment de la part du secteur agricole français, qui estime que les règles sanitaires européennes ne sont pas suffisamment respectées par les partenaires du Mercosur. En mai 2025, le Brésil avait déjà été retiré d’une liste de pays jugés conformes aux normes européennes sur l’usage intensif d’antibiotiques, sous la pression de ces mêmes acteurs. Cette suspension s’inscrit donc dans un contexte de tension entre les exigences sanitaires de l’UE et les ambitions commerciales du Brésil au sein du nouveau partenariat.

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