La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye examine depuis plusieurs jours le dossier d’un réseau présumé spécialisé dans les braquages de clients de banque. Trois hommes, Alpha Ousmane Diallo, Fallou Sall alias « Fallou Daba » et Serigne Fallou Aw alias « Pakala », sont jugés pour leur implication présumée dans plusieurs attaques commises entre avril et mai 2023 dans les localités de Thiaroye-sur-Mer, Yeumbeul et Diamniadio.
Selon l’accusation, les victimes étaient systématiquement repérées à la sortie d’une agence bancaire après avoir effectué d’importants retraits. Elles étaient ensuite prises en filature à bord de motos, notamment de types Beverly et TMAX, avant d’être attaquées dans des secteurs moins fréquentés. Les assaillants, souvent encagoulés et armés de machettes, aspergeaient leurs cibles de gaz lacrymogène avant de s’emparer de leurs sacs contenant des sommes d’argent. Le ministère public attribue au groupe trois principales opérations représentant un préjudice cumulé supérieur à 27 millions de FCFA.
Les témoignages des victimes décrivent des scènes similaires : repérage devant une banque, filature, puis attaque dans des zones éloignées des axes principaux. L’une des affaires concerne un retrait de 14 millions de FCFA, une autre de 6,5 millions, et une troisième de 7 millions. Les enquêteurs s’appuient sur des vidéos de surveillance et des éléments matériels pour étayer leur thèse d’une association de malfaiteurs structurée. Plusieurs complices présumés, dont Cheikh Khogne, Lat Sylla, Amara Camara et Malick Coly, seraient encore en fuite selon les investigations.
À l’audience, les accusés ont contesté leur implication. Alpha Ousmane Diallo a reconnu sa présence devant une banque, mais affirme y être venu pour ouvrir un compte. La défense s’est appuyée sur l’insuffisance des preuves matérielles pour demander l’acquittement. À l’inverse, le parquet a requis vingt ans de réclusion criminelle contre chacun des trois accusés, estimant que les éléments recueillis démontrent l’existence d’un réseau organisé. La Chambre criminelle a mis le dossier en délibéré, et le verdict est attendu pour le 4 août prochain.