Un réseau criminel spécialisé dans les braquages de clients de banques à Dakar a été démantelé par la justice sénégalaise. Trois de ses membres présumés, Alpha Ousmane Diallo, Fallou Sall (surnommé « Fallou Daba ») et Serigne Fallou Aw (surnommé « Pakala »), risquent une peine de 20 ans de réclusion criminelle. Leur procès s’est tenu devant la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, où les charges retenues contre eux incluent l’association de malfaiteurs, les vols en réunion avec violences et l’usage de moyens de locomotion.
Une méthode opératoire ciblée
Selon l’accusation, le groupe repérait ses victimes à la sortie de l’agence Orabank de Poste-Thiaroye avant de les suivre à moto. Les attaques étaient ensuite perpétrées dans des zones moins fréquentées de Yeumbeul, Guédiawaye et Diamniadio. Les victimes étaient aspergées de gaz lacrymogène avant d’être dépouillées de leurs sacs contenant des sommes importantes. Les enquêteurs estiment que le butin total s’élève à plus de 27 millions de FCFA, répartis entre plusieurs braquages commis entre avril et mai 2023.
Les témoignages des victimes ont joué un rôle central dans l’instruction. Plusieurs d’entre elles ont identifié les accusés comme participants aux attaques. L’une d’elles a notamment décrit la présence d’un guetteur devant la banque, suivi d’une interception violente à moto. Les vidéos de surveillance et les enquêtes ont également contribué à établir l’implication des trois hommes dans ces faits.
Des versions contradictoires à l’audience
Les accusés ont contesté toute implication dans les braquages. Alpha Ousmane Diallo a affirmé s’être rendu à la banque pour ouvrir un compte, tandis que les débats ont porté sur les déclarations de sa compagne, suspectée d’avoir fourni une planque au groupe. La défense a dénoncé un dossier insuffisamment étayé par des preuves matérielles, demandant l’acquittement des trois hommes.
Le ministère public, en revanche, a estimé que les éléments recueillis – vidéos, témoignages et enquêtes – démontraient l’existence d’une association de malfaiteurs organisée. Il a requis une peine de 20 ans de prison, conformément aux dispositions légales applicables aux crimes commis avec violence et en réunion. La Chambre criminelle a mis l’affaire en délibéré, et le verdict est attendu pour le 4 août.
L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices toujours en fuite, selon les informations transmises par les autorités judiciaires.