Bouillie chaude servie dans des sachets plastiques : la FAO réclame des preuves scientifiques et une action interministerielle au Sénégal

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 43 lectures
Bouillie chaude servie dans des sachets plastiques : la FAO réclame des preuves scientifiques et une action interministerielle au Sénégal

Lors d’un forum dédié à la sécurité des aliments à Dakar, le Dr Mamadou Ndiaye, expert de la FAO, a souligné l’absence de données fiables sur les risques liés à la mise en sachet plastique de bouillie chaude vendue dans la rue. Il a appelé à la prudence, à la recherche scientifique et à une meilleure coordination des autorités pour protéger les consommateurs.

Conditionnement à chaud : une pratique répandue dans la restauration de rue

Dans de nombreuses villes sénégalaises, les vendeurs ambulants préparent des bouillies nutritives et les versent directement dans des sachets plastiques avant de les remettre aux clients. Cette méthode, appréciée pour sa rapidité et son faible coût, répond à la demande d’aliments accessibles pour les travailleurs et les étudiants. Le 29 juillet 2026, le même jour du forum, le Dr Ndiaye a rappelé que cette pratique s’inscrit dans un contexte plus large de risques sanitaires associés à la vente de rue, notamment la mauvaise qualité de l’eau et l’exposition aux insectes.

Plastiques chauffés : quels dangers potentiels ?

Le spécialiste a rappelé que tout emballage destiné à contenir un aliment doit rester inerte, c’est‑à‑dire ne pas réagir avec le produit. « A priori, le plastique n’est pas inerte lorsqu’il est soumis à une chaleur élevée », a‑t‑il indiqué, soulignant que le transfert de substances chimiques du contenant à la bouillie n’est pas encore quantifié. Cette incertitude ne permet pas de conclure à un danger systématique, mais elle justifie une enquête approfondie pour déterminer si des composés toxiques peuvent migrer dans l’aliment chaud.

FAO : besoin urgent d’études scientifiques et d’un cadre institutionnel

Le Dr Ndiaye a insisté sur le fait que seules des données expérimentales pourront trancher la question. Il a demandé aux laboratoires sénégalais et aux partenaires internationaux de lancer des analyses de migration de substances plastiques à des températures typiques de préparation. Parallèlement, il a proposé la création d’un conseil interministériel réunissant les ministères de la santé, de l’agriculture, du commerce et de l’environnement afin d’harmoniser les normes d’emballage, de renforcer les inspections et d’améliorer la formation des vendeurs ambulants.

Implications pour la régulation de la vente ambulante

Au-delà du problème du sachet, le Dr Ndiaye a rappelé que la sécurité alimentaire de rue dépend de plusieurs facteurs : qualité de l’eau, protection contre les intempéries, contrôle des insectes et suivi régulier des commerçants. Une réponse efficace nécessitera donc une approche globale, combinant amélioration des infrastructures d’hygiène, campagnes de sensibilisation auprès des consommateurs et renforcement des capacités de contrôle des autorités locales. Sans ces mesures, le risque de contamination bactérienne ou chimique restera élevé, même si le problème du plastique était résolu.

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