Le ministre de l’Enseignement supérieur et leader du parti Tabax, Boubacar Camara, a officiellement appelé à une réconciliation entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Lors d'une rencontre de remobilisation de sa formation politique, il a rejeté toute logique d'arbitrage entre les deux figures centrales du pouvoir, soulignant que leurs tensions actuelles nuisent à la sérénité du débat public national.
Une priorité détournée par les tensions internes
Pour Boubacar Camara, l'omniprésence des dissensions au sein de l'appareil d'État occulte les défis structurels auxquels le Sénégal fait face. La focalisation médiatique sur les relations tumultueuses entre le chef de l'État et le président de l'Assemblée nationale relègue au second plan des enjeux cruciaux tels que la flambée du coût de la vie, la gestion de la dette publique, les incertitudes du secteur agricole et la persistance de l'émigration clandestine.
La stratégie d'indépendance du parti Tabax
Bien qu'allié au régime depuis l'alternance de mars 2024, le parti Tabax cherche à préserver son autonomie politique. À l'approche des élections locales de janvier 2027, la formation refuse de s'aligner aveuglément sur l'un des deux pôles du pouvoir. Cette posture vise à maintenir une marge de manœuvre stratégique, alors que la concurrence entre les différentes factions du camp présidentiel se cristallise déjà autour du ralliement des élus locaux et de la mobilisation des bases militantes.
Le maintien d'une ligne de conciliation
Malgré les critiques émanant de certains responsables proches du président Faye, qui contestent le bilan économique attribué à l'ancien Premier ministre, Boubacar Camara maintient sa position. Ayant collaboré étroitement avec Ousmane Sonko, il estime que les divergences actuelles sont secondaires face au projet politique commun initial. Le leader de Tabax insiste sur le fait que le choix du chef du gouvernement demeure une prérogative présidentielle, tout en réitérant que l'unité au sommet de l'État est une condition nécessaire à la stabilité du pays. Les futures alliances électorales du parti seront, quant à elles, tranchées ultérieurement par son secrétariat politique.