Le député marocain Abderrahim Bouaïda a claqué la porte du Parti de l’Istiqlal, dénonçant des méthodes de sélection opaques et des promesses non tenues. Une décision qui fragilise le parti historique et laisse planer le doute sur ses prochaines étapes politiques.
Un désaccord public sur les investitures
Abderrahim Bouaïda, élu dans la circonscription de Guelmim, a justifié sa démission par son exclusion des candidats investis par le Parti de l’Istiqlal. Dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook, il a pointé du doigt le choix d’un candidat controversé dans sa circonscription, rappelant que cette personne avait fait l’objet de poursuites judiciaires lors de la législature précédente. Pour Bouaïda, cette décision reflète une logique de calculs électoraux plutôt que de conviction politique.
Une rupture irrévocable avec le parti
Le député a réaffirmé son attachement à ses principes, refusant de se plier à des compromis pour conserver son investiture. Il a critiqué ouvertement la politique gouvernementale menée par son parti, estimant que son positionnement critique en faisait une cible indésirable. « Je ne démissionnerai pas de mes positions pour obtenir une investiture », a-t-il déclaré, soulignant que son départ ne marque pas la fin de son engagement politique. Bouaïda a également dénoncé ceux qui, selon lui, sacrifient leurs convictions pour préserver leur place au sein du parti.
L'Istiqlal face à une crise de légitimité
Cette démission survient dans un contexte de tensions internes au Parti de l’Istiqlal, déjà fragilisé par des divisions sur la stratégie à adopter face au gouvernement. Bouaïda, qui a passé des années au sein du parti, a choisi de rompre publiquement, ce qui pourrait affaiblir davantage la cohésion du mouvement. Son départ interroge sur l’avenir des militants déçus par les méthodes de sélection et les alliances politiques du parti.
Quel avenir pour Bouaïda ?
La démission de Bouaïda marque « autant la fin d’une étape qu’elle ouvre la voie à une nouvelle », selon ses propres mots. Bien qu’il n’ait pas évoqué de projet précis, son refus de se taire pour préserver son poste laisse présager une reconversion politique, peut-être en dehors des structures traditionnelles. Son parcours et ses prises de position pourraient en faire un acteur clé dans les débats sur l’éthique en politique marocaine.