Le grand marché de Bondoukou, pilier économique du nord‑est ivoirien, a été réduit à des ruines le 12‑13 juillet 2026. Plus de 900 commerçants, soit près d’un tiers des exposants, cherchent à relancer leurs activités depuis un site temporaire, alors que l’État a débloqué 32,5 M CFA pour les aider.
Destruction totale du marché historique
Construit en 1971, le marché de Bondoukou a brûlé en quelques heures, emportant des centaines de boutiques et des stocks évalués à plus de 2,3 milliards de francs CFA. Les témoins, dont Korotoum Ouattara, présidente des commerçants, ont décrit des flammes qui ont rapidement englouti les étages supérieurs, où la plupart des marchandises étaient entreposées. La propagation du feu a été aggravée par la présence massive de plastiques, de batteries et de vêtements synthétiques, ainsi que par l’obstruction des points d’eau par des étals improvisés, empêchant les pompiers d’intervenir efficacement.
Relocalisation provisoire et obstacles à la reprise
Quatre mois après le sinistre, les autorités ont installé un site d’urgence à 200 m du lieu d’origine. Les commerçants, comme Mamadou Vagne Diabaraté, qui a perdu 5 millions de francs CFA de marchandises, et Alassane Oumarou, vendeur de téléphones, constatent une fréquentation très limitée : « Nous n’avons retrouvé que 30 à 35 % de nos clients ». L’absence de visibilité du nouveau site et le manque de contacts directs incitent les acheteurs à se tourner vers d’autres marchés, ralentissant ainsi la reprise. Les commerçants estiment devoir rester sur ce terrain temporaire plusieurs mois, voire années, avant la construction d’un nouveau bâtiment.
Aide de l’État et perspectives de reconstruction
En septembre, le gouvernement ivoirien a alloué 32,5 millions de francs CFA aux victimes, une aide destinée à couvrir partiellement les pertes et à financer les travaux de reconstruction. Aucun calendrier officiel n’a encore été annoncé pour la réédification d’un bâtiment pérenne. Les acteurs locaux appellent à une meilleure planification des infrastructures, notamment en matière de sécurité incendie et d’accès à l’eau, afin d’éviter la répétition de ce type de drame. En attendant, la relance du commerce à Bondoukou dépendra de la capacité des commerçants à reconquérir leur clientèle et de la rapidité avec laquelle les autorités mettront en place un nouveau cadre commercial.