Le président Bola Tinubu a rendu un hommage solennel à Reuben Fasoranti, figure emblématique du panafricanisme progressiste et dirigeant historique d'Afenifere, décédé mardi à l'âge de 100 ans. Dans une déclaration signée de sa main à Abuja, le chef de l'État nigérian souligne l'apport décisif du défunt à la construction démocratique du pays et à la défense d'un fédéralisme authentique.
Un parcours au service du fédéralisme et de la justice sociale
Né en 1926, Reuben Famuyide Fasoranti a traversé un siècle d'histoire nigériane en maintenant un cap idéologique constant. De son parcours d'enseignant et de principal d'établissement à son poste de commissaire aux Finances de l'ancien État d'Ondo, jusqu'à la direction d'Afenifere, l'organisation socioculturelle yoruba, il n'a jamais fléchi sur ses convictions. Le président Tinubu rappelle que le disparu est resté jusqu'au bout un ardent défenseur du « vrai fédéralisme », de la justice sociale et d'un « Nigeria qui fonctionne pour tous ».
Dernier géant de l'école progressiste d'Awolowo
Le chef de l'État décrit Fasoranti comme « l'un des derniers grands titans » de la famille politique fondée par Obafemi Awolowo, premier ministre de la région occidentale au lendemain de l'indépendance. Cette filiation intellectuelle et morale a structuré l'engagement du centenaire, qui a risqué sa vie pour la démocratie dont bénéficie aujourd'hui le Nigeria. Tinubu insiste sur l'intégrité, la discipline et l'abnégation qui ont marqué une existence placée sous le signe du principe plutôt que de l'opportunisme.
Un allié décisif pour l'accession à la présidence
Au-delà de la reconnaissance institutionnelle, le président révèle une dimension personnelle de leur relation. En 2022, alors qu'il venait annoncer sa candidature à la résidence d'Akure, Fasoranti lui avait prédit qu'il deviendrait président de son vivant, une prophétie réalisée quelques mois plus tard. Tinubu confie avoir espéré conserver son aîné pour un second mandat, symbole d'une prospérité économique attendue. Cette confidence éclaire le poids moral que représentait le patriarche pour l'actuel locataire d'Aso Rock.La classe politique unie dans l'hommage
La disparition du patriarche suscite une vague de condoléances qui dépasse les clivages partisans. L'ancien président Olusegun Obasanjo a également salué la mémoire de Fasoranti, confirmant le consensus national autour de son héritage. Les hommages convergent vers une même lecture : celle d'un homme d'État dont la longévité aura permis d'incarner la continuité d'un idéal démocratique et fédéraliste, dont la mise en œuvre reste un chantier ouvert pour le Nigeria contemporain.