Du 9 au 12 octobre 2026, le sous‑préfet de Bohobé, Doumhassem Gedeon, a parcouru plusieurs villages du canton de Simé Gotobé afin de désamorcer les tensions entre agriculteurs et éleveurs, alors que la pluviométrie insuffisante menace les récoltes et que les troupeaux reviennent.
Parcours de terrain dans les villages de Tolkaba, Malakoumé, Kinda, Sogotoko et Gotobé Simé
La tournée a couvert cinq localités – Tolkaba, Malakoumé, Kinda, Sogotoko et Gotobé Simé – où le sous‑préfet a rencontré les chefs traditionnels, les leaders religieux et les habitants. L’objectif affiché était de recueillir les préoccupations locales et de co‑construire des solutions pour maintenir la tranquillité. Cette approche de proximité vise à prévenir l’escalade de conflits qui, dans le passé, ont souvent été déclenchés par la concurrence pour les terres et les pâturages.
Actions communautaires et enjeux soulevés à Kinda
À Kinda, la visite a débuté par une opération de nettoyage de l’école officielle, mobilisant les habitants, les membres de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT), le chef de canton Dingabo Manga et l’inspecteur pédagogique Nabila Makiti François. Au‑delà de cet acte citoyen, les échanges ont mis en avant trois priorités : l’éducation des enfants, la sécurité alimentaire et la coexistence entre agriculteurs et éleveurs. Les participants ont souligné que la rareté des pluies réduit les rendements, accentuant la pression sur les ressources et alimentant les craintes de conflits.
Appel au dialogue, gestion des ressources et prévention des débordements
Doumhassem Gedeon a rappelé que, face à l’incertitude des récoltes, chaque ménage doit optimiser la gestion de ses ressources et limiter les dépenses non essentielles. Il a également mis en garde contre la consommation abusive d’alcool, identifiée comme un facteur aggravant les troubles à l’ordre public. Le sous‑préfet a exhorté les populations à respecter les règles de cohabitation, à privilégier le dialogue et à s’engager collectivement à « zéro conflit » entre agriculteurs et éleveurs. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention des violences liées aux ressources, un enjeu récurrent dans plusieurs régions du Tchad où la sécheresse s’intensifie.